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Des astronomes détectent des signaux radio provenant de Beta Pictoris b

Des astronomes ont détecté pour la première fois des signaux radio provenant directement d'une exoplanète située en dehors de notre système solaire.

Des astronomes détectent des signaux radio provenant de Beta Pictoris b

Des astronomes ont détecté pour la première fois des signaux radio provenant directement d’une exoplanète située en dehors de notre système solaire. Repérés grâce au réseau de radiotélescopes MeerKAT en Afrique du Sud, ces sursauts répétitifs émanent de la planète géante Beta Pictoris b, ouvrant une voie inédite pour mesurer les champs magnétiques à travers l’espace.

C’est une première qui pourrait transformer la manière dont les astronomes étudient les mondes lointains. Une équipe de chercheurs a réussi à isoler et à attribuer des émissions radio directement à une planète extrasolaire, franchissant un obstacle qui bloquait les spécialistes depuis des décennies. Jusqu’à présent, la lueur assourdissante des étoiles hôtes masquait systématiquement toute signature radio émanant de leurs planètes en orbite.

L’observation a été menée en pointant le réseau de radiotélescopes MeerKAT, situé en Afrique du Sud par le biais d’un groupe de recherche dirigé par Kevin Ortiz Ceballos, étudiant diplômé au Harvard and Smithsonian Center for Astrophysics. Les scientifiques ont ciblé une géante gazeuse massive nommée Beta Pictoris b, située à une distance de 63,4 années-lumière de la Terre et dotée d’une masse estimée à environ dix fois celle de Jupiter.

La nature exacte des signaux détectés sur Beta Pictoris b

Malgré la fascination naturelle qu’exerce l’écoute de l’univers, la source de ces ondes n’a rien d’artificiel. Les auteurs de ces travaux écartent toute origine extraterrestre, précisant qu’il ne s’agit en aucun cas de technosignatures émises par une civilisation intelligente.

Des astronomes détectent des signaux radio provenant de Beta Pictoris b
Photo : inkorr.com

Les signaux se manifestent sous forme de sursauts rapides et répétitifs, présentant une forte polarisation circulaire. Selon les analyses, ces ondes trouvent leur origine dans des aurores polaires d’une puissance colossale, bien plus intenses que celles observées sur Terre ou sur Saturne. Suzanne Aigrain, professeure d’astrophysique à l’Université d’Oxford, explique les mécanismes naturels à l’œuvre dans ce type de système :

Des astronomes détectent des signaux radio provenant de Beta Pictoris b
Photo : Futurism

Il y a deux processus naturels qui peuvent produire des émissions radio chez les exoplanètes. L’un est la reconnexion magnétique, lorsque la planète orbite très près de l’étoile et que son champ magnétique interagit directement avec celui de l’étoile. L’autre est l’aurore (comme celles que nous avons sur Terre et sur d’autres planètes du système solaire comme Saturne, mais en beaucoup plus fort), lorsque des particules chargées énergétiques émanant de l’étoile interagissent avec la haute atmosphère de la planète.

Pour s’assurer que ces ondes provenaient bien de la planète et non de son étoile hôte, les chercheurs ont comparé les images radio aux positions de galaxies lointaines très lumineuses, appelées quasars, qui servent de points de repère fixes. Cette méthode a permis de confirmer formellement que l’émission provenait de Beta Pictoris b, second astre à partir de l’étoile dans ce système jeune âgé d’environ 23 millions d’années.

Une méthode inédite pour mesurer la puissance des champs magnétiques

L’intérêt de cette découverte dépasse la simple curiosité acoustique. En décryptant ces émissions aurorales générées par le phénomène d’instabilité du maser à cyclotron électronique, l’équipe a pu calculer directement la force du champ magnétique de l’exoplanète, une donnée jusqu’alors inaccessible pour les mondes situés hors de notre système solaire.

Des astronomes détectent des signaux radio provenant de Beta Pictoris b
Photo : Avi Loeb

Les calculs indiquent que Beta Pictoris b possède un champ magnétique évalué à environ 1 250 gauss. Pour poser un comparatif, le champ magnétique de Jupiter atteint environ 4,3 gauss, tandis que celui de la Terre plafonne à près de 0,5 gauss.

Disposer d’une telle mesure est crucial pour comprendre comment les planètes géantes retiennent leur enveloppe gazeuse. Comme le rappelle Suzanne Aigrain, le bouclier magnétique joue un rôle déterminant dans la rétention de l’atmosphère et la protection contre le vent stellaire, un enseignement précieux qui servira, à terme, pour cibler les planètes rocheuses potentiellement habitables.

Perspectives pour les futurs observatoires spatiaux

Les observations du système ont été menées au cours de quatre sessions réparties entre 2025 et 2026, couvrant à la fois la bande de fréquences L et la bande S.

Scientists Detect Radio Signals Directly From an Exoplanet for the First Time

Ces travaux préliminaires, présentés sous forme de pré-publication, préfigurent l’arrivée de nouveaux instruments d’une puissance accrue. Le réseau MeerKAT sert notamment de précurseur au futur Square Kilometre Array, un télescope géant qui doit entrer en service dans les prochaines années et qui permettra de multiplier les détections de ce type à travers la galaxie.

For the First Time, Scientists Have Picked Up Radio Signals From Another Planet

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.