Publié le 25 octobre 2025 à 06h25. Zdeněk Koukal, désormais directeur sportif du FK Jablonec, revient sur l’intensité particulière des derbys de Podještěd, ses expériences passées à Liberec et ses souvenirs de confrontations explosives à l’étranger.
- Le derby entre Liberec et Jablonec est toujours un événement spécial, chargé d’émotion pour les joueurs, les supporters et les dirigeants.
- Zdeněk Koukal évoque des derbys particulièrement virulents vécus à Chypre, où les enjeux dépassaient le simple cadre sportif.
- L’ancien directeur sportif de Liberec analyse la défaite cuisante de son ancienne équipe face à Jablonec (0-5) et les changements qui ont suivi.
Zdeněk Koukal, qui a récemment pris les rênes du poste de directeur sportif au FK Jablonec, ne minimise pas l’importance du derby de Podještěd face à Slovan Liberec. Il souligne la proximité géographique des deux villes et l’atmosphère particulière qui règne avant, pendant et après la rencontre.
« Le derby de Podještěd est toujours spécifique. Les villes sont terriblement proches les unes des autres. Je ne vous cacherai pas que même pour moi, le derby est plus qu’un match de championnat normal. Et maintenant surtout. »
Zdeněk Koukal, directeur sportif du FK Jablonec
Koukal se souvient de l’effervescence qui saisit tous les membres des clubs avant un tel match, citant l’exemple de gardiens emblématiques comme Petr Kulda (Liberec) et Luboš Hušek (Jablonec). Il compare cette tension à celle qu’il a ressentie lors de ses expériences à l’étranger, notamment à Chypre.
Son passage à Omonia Nicosie lui a laissé des souvenirs marquants, notamment un derby contre l’Apoel Nicosie où les affrontements dépassaient largement le terrain. Il décrit une situation où des voitures ont explosé avant le match, révélant des enjeux politiques et sociaux profonds.
« Quand je jouais à Omonia, nous avons eu l’opportunité de jouer contre l’Apoel Nicosie. C’était un énorme derby avec tout. Là, avant le match, des voitures ont explosé… Je n’ai pas du tout compris alors, et c’est seulement alors que j’ai découvert qu’il ne s’agissait pas seulement de football, mais de politique, d’un affrontement entre la gauche et la droite. »
Zdeněk Koukal, directeur sportif du FK Jablonec
Il évoque également des incidents plus récents, où des bagarres entre supporters ont éclaté dans le stade, le contraignant, avec ses coéquipiers, à se réfugier pendant plusieurs heures. Il se souvient d’une qualification de Liberec en Ligue Europa aux dépens de l’Apoel, qui lui a valu des reproches de la part des supporters nicosiens.
Koukal se remémore également un derby particulièrement mémorable à Istanbul, entre Galatasaray et Besiktas, qu’il décrit comme l’un des plus grands d’Europe. Il y avait assisté aux côtés de Tomáš Sivok, un autre joueur tchèque.
L’interview revient sur la défaite humiliante de Liberec face à Jablonec (0-5) la saison dernière, un match qu’il a suivi depuis le stade, bien qu’il n’occupait pas de poste sur le banc. Il analyse les circonstances de cette déroute, notamment un but contre son camp qui a brisé l’élan de l’équipe.
« Bien sûr, j’étais dans le stade, mais pas sur le banc. À cette époque, je n’étais qu’un manager sportif auprès du directeur sportif Théo Gebre Selassie, mais j’avais quand même des responsabilités. Ce derby était un peu spécial. Au début, sur la base des premières minutes, je ne dirais certainement pas que nous perdrons 0:5. Jusqu’à ce que le but contre son camp de Ševinski arrive et que tout le système s’effondre en seconde période. Jablonec a gagné à juste titre. »
Zdeněk Koukal, directeur sportif du FK Jablonec
Il mentionne également des incidents post-match, où des supporters de Liberec ont confronté les joueurs dans la salle VIP. Il souligne que cette défaite a marqué un tournant pour le club, entraînant des changements et une amélioration des résultats au printemps.
Koukal estime que Liberec avait peut-être mis trop de pression sur lui-même avant ce match. Il se félicite de la réaction de l’équipe après cette défaite et de sa capacité à se qualifier pour la Coupe d’Europe.
Interrogé sur les propriétaires successifs de Liberec (Ludvík Karel et Ondřej Kania) et de Jablonec (Miroslav Pelta et Jakub Střeštík), il note que les nouveaux propriétaires, Kania et Střeštík, sont plus impulsifs que leurs prédécesseurs. Il décrit Karel comme un homme qui préférait observer les matchs à distance, analysant les résultats par téléphone.
Il souligne qu’il a apprécié de travailler sous la direction de Karel pendant sept ans, soulignant la nécessité de respecter les règles et les contraintes financières du club. Il regrette de ne pas avoir remporté de trophée avec Liberec, malgré une finale de Coupe en 2020.
Koukal explique que, sous la direction de Karel, les options en matière de recrutement étaient limitées. Il ne ressent pas d’envie envers les clubs plus riches, préférant une stratégie basée sur la détection de joueurs talentueux à moindre coût.
Enfin, il confirme qu’il n’est pas retourné au stade de Liberec depuis son arrivée à Jablonec, à l’exception d’une rencontre de travail avec Théo Gebre Selassie. Il assure avoir conservé de bonnes relations avec les dirigeants de Slovan Liberec et se concentre désormais sur son nouveau rôle au FK Jablonec.
Il conclut en soulignant que le derby de Podještěd est un match crucial pour les deux clubs, qui se situent actuellement dans la partie haute du classement. Il s’attend à une rencontre intense et passionnée, où chaque équipe aura la possibilité de prendre l’ascendant.
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