En marge du sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) en Malaisie, l’ancien président américain Donald Trump a joué un rôle inattendu dans la signature d’un accord de cessez-le-feu entre la Thaïlande et le Cambodge, une initiative qui semble avoir été conditionnée à sa propre participation à l’événement.
L’accord, qui fait suite à une escarmouche de cinq jours survenue en juillet, vise à consolider un cessez-le-feu initialement convenu par les deux pays. Il prévoit notamment le retrait de l’artillerie lourde et l’accès aux observateurs internationaux. Cependant, selon des sources proches de l’administration Trump, l’organisation de cette cérémonie de signature répondait avant tout à une exigence de l’ancien président pour justifier sa présence au sommet régional.
Sans surprise, Donald Trump n’a pas manqué de mettre en avant ce qu’il considère comme son succès en matière de résolution de conflits. Il a affirmé avoir contribué à mettre fin à « huit guerres en huit mois », une déclaration qu’il répète régulièrement depuis plusieurs mois. « Il n’y a jamais eu quelque chose comme ça », a-t-il déclaré. « On en règle en moyenne une par mois… Je ne devrais pas dire que c’est un passe-temps, parce que c’est tellement plus sérieux, mais c’est quelque chose pour lequel je suis bon et quelque chose que j’aime faire. »
Le Premier ministre cambodgien Hun Manet a même suggéré publiquement que Donald Trump devrait recevoir le prix Nobel de la paix pour ses efforts.
Au-delà de la dimension diplomatique, cet épisode met en lumière l’intérêt soudain de l’ancien président pour des conflits géopolitiques souvent négligés par l’attention médiatique américaine. « Je ne me souviens pas de la dernière fois où un président américain a évoqué avec autant d’insistance la Thaïlande et le Cambodge, ou le Rwanda et la République démocratique du Congo », a observé Ian Bremmer, président du Groupe Eurasia et analyste des affaires étrangères.
Bien que Trump se présente comme un artisan de la paix, ses affirmations sont sujettes à caution. L’examen de ses « huit guerres » prétendument résolues révèle des exagérations, des succès partiels et des situations complexes.
Parmi les conflits cités par l’ancien président, on retrouve notamment :
- Le conflit israélo-palestinien : Trump a joué un rôle dans la conclusion d’un cessez-le-feu et d’un accord de libération d’otages en octobre, mais un cessez-le-feu était déjà en place avant son intervention.
- Le conflit entre Israël et le Hamas : La pression diplomatique exercée par Trump a contribué au maintien du cessez-le-feu de juin, mais il avait auparavant soutenu les frappes aériennes israéliennes.
- Le différend frontalier entre la Thaïlande et le Cambodge : La menace de ne pas négocier de droits de douane a incité la Thaïlande à accepter des pourparlers de médiation.
- Les tensions entre l’Inde et le Pakistan : L’administration Trump s’est initialement désintéressée du conflit, avant de tenter de le résoudre par des appels téléphoniques. Le Pakistan attribue à Trump le mérite de l’accord, mais l’Inde conteste cette affirmation.
- Le conflit entre le Rwanda et la République démocratique du Congo : Un accord de paix a été signé à la Maison Blanche, mais les rebelles du M23 n’ont pas reconnu l’accord et les combats se sont poursuivis.
- Le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan : Les dirigeants des deux pays ont convenu de normaliser leurs relations diplomatiques en août, mais la « guerre » était déjà terminée avant l’intervention de Trump.
- Le différend entre l’Égypte et l’Éthiopie : Les efforts de médiation américains concernant le barrage de la Renaissance éthiopienne ont échoué.
- Les tensions entre la Serbie et le Kosovo : Trump affirme avoir empêché une reprise des hostilités, mais il n’existe aucune preuve publique à l’appui de cette affirmation.
« Il existe de pires ‘passe-temps’ qu’un président puisse avoir que d’essayer de négocier la fin de certains des conflits les plus meurtriers et les plus complexes du monde », a souligné un responsable de la Maison Blanche. Cependant, la tendance de Trump à simplifier excessivement ces conflits et à s’attribuer le mérite de leurs résolutions pourrait entraver la recherche de solutions durables.
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