Home Technologie et scienceÀ l’écoute de Kafui Dey : L’HÉRITAGE ne s’hérite pas, il se pratique : une leçon de mentorat pour les chefs d’entreprise africains

À l’écoute de Kafui Dey : L’HÉRITAGE ne s’hérite pas, il se pratique : une leçon de mentorat pour les chefs d’entreprise africains

by Thomas Caron

Publié le 22 décembre 2025 à 13h09. Le mentorat, souvent perçu comme un accompagnement pour les jeunes, s’avère aujourd’hui un enjeu crucial pour la pérennité des entreprises africaines et le développement du leadership à tous les niveaux.

  • L’importance de l’apprentissage continu auprès de son mentor.
  • La nécessité d’un respect mutuel et d’une gratitude sincère dans la relation de mentorat.
  • L’application concrète des conseils reçus comme clé de voûte du succès.

Il y a cinq ans, lors d’une visioconférence avec une trentaine d’adolescents et de jeunes adultes de la région de Mafi Yingor, à environ 150 kilomètres d’Accra, j’ai été frappé par la pertinence d’une réflexion sur le mentorat. Au-delà de la transmission de savoirs, il s’agissait de forger des leaders de demain. Cette expérience, qui m’est restée en mémoire, prend aujourd’hui un écho particulier dans le contexte économique africain.

Mon objectif était simple : aborder la question du mentorat des jeunes. Mais, fidèle à mes habitudes, j’ai cherché à rendre ce message mémorable en structurant mon propos autour d’un acronyme. J’ai ainsi proposé de retenir le mot HÉRITAGE.

Le mentorat ne se limite pas à l’accompagnement de la jeunesse. C’est un véritable enjeu de leadership, de transmission et, de plus en plus, de survie pour les entreprises à travers l’Afrique. Voici donc le cadre LEGACY et pourquoi il est essentiel, tant dans les salles de réunion que dans des localités comme Mafi Yingor.

L – Apprendre sans cesse de son mentor

Le mentorat ne doit pas être passif. Il ne s’agit pas de se contenter d’écouter et d’attendre que la sagesse infuse. Les meilleurs mentors et les meilleurs leaders sont avant tout des apprenants. Ils posent des questions pertinentes, observent attentivement la prise de décision et analysent les résultats. En affaires, la curiosité est un atout concurrentiel majeur.

Si l’on vous ouvre une porte, entrez avec l’intention d’apprendre.

E – Engager son mentor avec respect

Le respect ne se mesure pas à l’âge ou à la hiérarchie, mais à l’attitude. Il est possible de remettre en question des idées sans attaquer la personne. On peut affirmer ses convictions sans être agressif. En Afrique, où la culture et la hiérarchie restent importantes, le respect est souvent la clé qui ouvre les portes.

G – Gratitude : exprimer sa reconnaissance

C’est à ce niveau que de nombreuses relations de mentorat s’essoufflent. Un mentor ne vous doit pas son temps, il vous le donne. Un simple remerciement, un message de suivi, un retour d’expérience – “J’ai mis en pratique votre conseil, et voici ce qui s’est passé” – peuvent faire toute la différence.

En leadership, la gratitude renforce la loyauté. Dans le mentorat, elle assure la pérennité de la relation.

A – Attention : être un auditeur modèle

C’est à ce moment-là que les jeunes participants à la visioconférence ont souri et se sont penchés vers l’écran.

Nous disposons tous de deux oreilles et d’une bouche. Cette disproportion n’est pas le fruit du hasard. Écoutez deux fois plus que vous ne parlez. En réunion, un dirigeant qui sait écouter détecte plus facilement les risques, repère les opportunités et gagne la confiance de ses collaborateurs. Le silence, utilisé à bon escient, est un outil de leadership puissant.

C – Confiance : mettre en œuvre ce que l’on apprend, même en cas d’échec

Le mentorat sans action est une simple source de motivation éphémère. L’échec est inévitable. Il ne remet pas en question le processus, il en fait partie intégrante. La confiance, ce n’est pas la certitude de ne pas échouer, mais la volonté d’essayer malgré tout.

Chaque entrepreneur africain qui a réussi a vécu des échecs qu’il ne publie pas sur LinkedIn.

Y – You must act : c’est à vous de jouer

Voici la vérité inconfortable que le mentorat ne peut adoucir. Aucun mentor ne peut agir à votre place. Aucun coach ne peut vivre votre vie. Les conseils ne deviennent un héritage que lorsque vous les appliquez.

Vous pouvez assister à toutes les conférences, mémoriser toutes les citations et partager tous les messages inspirants, mais si vous ne passez pas à l’action, rien ne changera.

À l’approche de la fin de l’année, il est temps de se poser les bonnes questions : De qui est-ce que j’apprends ? Qui me guide ? Et qu’est-ce que j’applique réellement ?

L’héritage ne se résume pas à ce que nous disons lors des conférences. Il se manifeste dans nos décisions, notre comportement et les leaders que nous contribuons à former.

Lors de cette visioconférence, j’ai terminé en leur souhaitant une excellente journée et une bonne semaine. Aujourd’hui, j’élargis ce vœu. À vous qui lisez ces lignes, où que vous soyez en Afrique, joyeux fêtes de fin d’année. En 2026, apprenez avec diligence, dirigez avec générosité et appliquez ce qui compte vraiment.

Et quelle que soit votre situation, restez toujours…connectés.

Contactez Kafui Dey au +233 240 299 122 ou [email protected]

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