Bordeaux pourrait bien devoir réécrire une partie de son histoire viticole. Une conférence scientifique remet en question l’origine romaine traditionnellement attribuée à la culture de la vigne dans la région.
Pendant des décennies, l’histoire officielle a raconté que les Romains, après avoir découvert la vigne en Épire, en Grèce, l’avaient importée à Bordeaux, marquant ainsi le début de l’activité viticole locale. Cette version, popularisée par les ouvrages historiques à partir de la fin du XIXe siècle, est désormais remise en question par les dernières avancées de la recherche.
Depuis vingt ans, les archéologues, les historiens et les ingénieurs de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) mènent des analyses génétiques qui révèlent une histoire beaucoup plus complexe et inattendue des premières vignes bordelaises. La conférence, qui se tiendra prochainement, a pour objectif de déterminer dans quelle mesure cette tradition repose sur des faits réels ou s’il ne s’agit que d’une légende tenace.
Les organisateurs de l’événement espèrent ainsi faire la lumière sur les véritables origines de la viticulture à Bordeaux, en s’appuyant sur les données scientifiques les plus récentes. « Il s’agit de vérifier si une part de réalité existe dans cette affaire ou s’il s’agit d’une simple légende », expliquent-ils.