Publié le 12 décembre 2025 à 13h16. L’Espagne fait face à une épidémie de grippe particulièrement virulente, alimentée par une nouvelle sous-variante du virus H3N2, qui met à l’épreuve les systèmes de santé, notamment en Catalogne et à Madrid, tout en soulignant les limites de la vaccination face à l’évolution rapide des virus.
- Une nouvelle sous-variante du virus de la grippe H3N2, baptisée « K », est à l’origine d’une augmentation significative des infections en Espagne.
- Bien que la courbe d’infections rappelle celle observée lors de la pandémie de Covid-19 dans certaines régions, les hospitalisations et les admissions en soins intensifs n’augmentent pas de manière alarmante.
- La vaccination reste recommandée, même si l’efficacité du vaccin est réduite face à cette nouvelle variante, car elle continue de protéger contre les formes graves de la maladie.
L’Espagne connaît actuellement une épidémie de grippe d’une ampleur inégalée ces dernières années. L’augmentation du nombre de cas est particulièrement marquée dans les régions de Catalogne et de Madrid, où les courbes épidémiologiques présentent une ascension verticale inquiétante. Cette situation est due à la propagation d’une nouvelle sous-variante du virus de la grippe H3N2, nommée « K », qui se révèle plus contagieuse et capable de contourner partiellement l’immunité acquise grâce à la vaccination.
Les chiffres officiels, publiés par l’Institut de santé Carlos III, montrent une propagation généralisée de l’épidémie sur l’ensemble du territoire espagnol, mais avec des disparités régionales notables. Si la situation est préoccupante, les autorités sanitaires soulignent que, pour l’instant, les admissions à l’hôpital et en soins intensifs n’ont pas augmenté de manière significative comme le confirme le Centre national d’épidémiologie.
Face à cette situation, la vaccination reste l’une des principales armes à disposition pour tenter de contrôler l’épidémie et réduire la gravité des symptômes. Les vaccins antigrippaux sont conçus pour cibler les souches virales les plus courantes, en tenant compte des variantes qui ont circulé la saison précédente selon les informations de l’Université de Grenade. Cependant, les virus ont la capacité de muter rapidement, ce qui peut réduire l’efficacité des vaccins.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé que la sous-variante « K » présente des modifications qui lui permettent d’échapper plus facilement aux défenses immunitaires initiales. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a également mené des tests en laboratoire qui confirment cette observation.
Malgré cette « évasion » immunitaire, il est important de souligner que le vaccin continue de jouer un rôle crucial dans la prévention des formes graves de la grippe. Des données préliminaires, notamment issues du Royaume-Uni selon l’UKHSA et validées par l’ECDC, indiquent que l’efficacité du vaccin reste comprise entre 70 et 75 % chez les enfants et permet d’éviter l’hospitalisation dans 30 à 40 % des cas chez les adultes d’après les études publiées par le NCBI.
La situation actuelle, caractérisée par une forte transmissibilité du virus et une efficacité vaccinale réduite, entraîne une augmentation du nombre de cas de grippe. Cependant, cette augmentation ne se traduit pas, pour l’instant, par une hausse significative de la mortalité ou des hospitalisations qui mettrait à rude épreuve le système de santé, déjà sollicité par la pandémie de Covid-19.
Compte tenu de ces éléments, les autorités sanitaires recommandent vivement la vaccination, notamment pour les personnes âgées et celles souffrant de pathologies chroniques. Plusieurs communautés autonomes ont d’ailleurs lancé des campagnes de vaccination massives, ciblant l’ensemble de la population comme le rapporte Xataka. Certaines communautés ont également instauré le port du masque obligatoire dans les établissements de santé.
Les enfants constituent un groupe particulièrement vulnérable, car ils sont plus susceptibles d’être infectés et de propager le virus. Bien que les symptômes soient généralement moins graves chez les enfants, ils peuvent contaminer leur entourage, notamment les personnes âgées, plus à risque de développer des complications.