Publié le 23 décembre 2025 04:45:00. Les femmes enceintes uruguayennes les plus vulnérables bénéficieront désormais d’un dépistage et d’une supplémentation en fer et vitamine B12, grâce à une loi adoptée à l’unanimité par le Parlement. Cette initiative vise à réduire les inégalités et à favoriser le développement cognitif des enfants.
- La Chambre des députés a approuvé à l’unanimité un projet de loi pour lutter contre les carences en fer et en vitamine B12 chez les femmes enceintes en situation de vulnérabilité.
- Le texte prévoit l’intégration systématique de l’analyse de la ferritine et de la vitamine B12 dans les soins prénatals, publics et privés.
- Un complément nutritionnel gratuit sera offert aux femmes enceintes bénéficiaires de la carte sociale uruguayenne présentant des carences, avec possibilité d’extension à d’autres cas vulnérables sur décision médicale.
L’adoption de cette loi marque une étape importante dans la politique de santé publique uruguayenne. Elle s’appuie sur des études récentes menées par le Centre hospitalier Pereira Rossell, qui ont mis en évidence un lien direct entre l’état nutritionnel de la mère, notamment son apport en fer et en vitamine B12, et le développement neurologique du fœtus. Ces études ont démontré que neuf nouveau-nés sur dix présentant une carence en fer latente étaient issus de mères ayant une consommation de viande insuffisante, et que les femmes enceintes carencées en vitamine B12 avaient cinq fois plus de chances de voir leur enfant également souffrir de cette carence.
Les experts soulignent l’importance cruciale de la phase prénatale, durant laquelle le cerveau humain atteint environ 90 % de son développement. Les conditions de vie de la mère, sa santé physique et émotionnelle, son accès à une alimentation adéquate et à un environnement sûr, influencent directement le développement du système nerveux de l’enfant. Une carence en micronutriments essentiels peut altérer les voies métaboliques et laisser des séquelles permanentes sur le développement cognitif et comportemental.
La loi prévoit concrètement l’intégration de l’analyse de la ferritine et de la vitamine B12 dans les soins prénatals, tant dans le secteur public que privé, dès le premier trimestre de grossesse ou lors du premier contrôle. Elle autorise également la fourniture gratuite de suppléments nutritionnels aux femmes enceintes bénéficiaires de la carte sociale uruguayenne présentant des carences avérées. Au-delà de ce dispositif, les équipes médicales pourront décider d’accorder ces suppléments à d’autres femmes enceintes vulnérables, en fonction de leur situation individuelle.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité d’actions menées ces dernières années par l’Agence Nationale pour l’Innovation et la Compétitivité (AINC) et le Ministère du Développement Social (MIDES). En 2024, ces deux institutions ont signé un accord pour fournir gratuitement du bœuf aux femmes enceintes à faible revenu, dans le cadre du programme Uruguay Crece Contigo. Cette mesure s’appuie sur les résultats des études du Pereira Rossell, qui ont démontré l’impact positif d’une alimentation riche en fer et en vitamine B12 sur les indicateurs de développement. En 2020, lors de la crise sanitaire, un plan de soutien alimentaire avait déjà permis de fournir des protéines animales de haute valeur nutritionnelle aux populations vulnérables.
Cette loi, fruit d’un travail collaboratif entre diverses organisations et institutions, représente un investissement essentiel dans l’avenir des enfants uruguayens les plus vulnérables.
Basé sur des informations provenant de l’AINC.