Publié le 27 septembre 2025 10:11:00. Des chercheurs du King’s College de Londres ont identifié une nouvelle vulnérabilité dans certains cancers du sang en ciblant des régions de l’ADN longtemps considérées comme inactives, ouvrant la voie à de potentielles nouvelles thérapies.
- Une stratégie thérapeutique prometteuse consiste à réutiliser des médicaments existants pour exploiter cette vulnérabilité.
- L’étude se concentre sur le syndrome myélodysplasique (SMD) et la leucémie lymphoïde chronique (LLC), mais pourrait avoir des implications plus larges.
- Les « ADN déchets » se révèlent actifs dans les cellules cancéreuses et pourraient être la clé d’un nouveau traitement.
Des parties de notre génome, autrefois qualifiées d’« ADN poubelle », pourraient détenir la clé pour vaincre certains cancers du sang particulièrement agressifs. C’est la conclusion d’une équipe de chercheurs du King’s College de Londres, qui a découvert une faille exploitable dans ces cellules cancéreuses.
L’approche novatrice consiste à cibler des éléments transposables (TE), des séquences récurrentes qui constituent près de la moitié de l’ADN humain. Longtemps considérés comme dépourvus de fonction, ces TE se révèlent étonnamment actifs dans les cellules cancéreuses affectées par des mutations des gènes ASXL1 et EZH2. Ces gènes jouent un rôle crucial dans la régulation de l’expression des autres gènes ; leur altération entraîne une perte de contrôle de la croissance et de la division cellulaire.
La thérapie anticancéreuse conventionnelle repose souvent sur le blocage des protéines produites par les gènes défectueux. Cependant, lorsque ces gènes sont mutés de telle sorte qu’ils ne produisent plus de protéine, les traitements actuels s’avèrent inefficaces. Cette situation laisse de nombreux patients avec des options thérapeutiques limitées et un pronostic sombre.
L’étude, publiée dans la revue Blood, révèle que l’activation des TE dans les cellules cancéreuses endommage leur ADN. Les chercheurs ont découvert que les inhibiteurs de PARP, des médicaments déjà utilisés dans le traitement d’autres cancers, pouvaient être réutilisés pour exploiter cette vulnérabilité. Ces inhibiteurs empêchent normalement les cellules cancéreuses de réparer leur ADN endommagé. Dans ce cas précis, ils agissent en bloquant la réparation des dommages causés par l’activité des TE, conduisant à la mort des cellules cancéreuses.
Pour confirmer ce mécanisme, l’équipe a également utilisé des inhibiteurs de transcriptase inverse, qui stoppent la réplication des TE. L’arrêt de la réplication des TE a annulé l’effet des inhibiteurs de PARP, démontrant que l’action des médicaments passe par une voie liée aux TE, distincte de leur mode d’action habituel dans les cancers liés au BRCA.
« Cette découverte offre de nouveaux espoirs pour les patients atteints de cancers difficiles à traiter, en utilisant des médicaments existants d’une manière vraiment nouvelle. Transformer ce qui était autrefois considéré comme un ADN inutile en une cible thérapeutique forte est une avancée significative »,
Professeur Chi Wai Eric So, King’s College de Londres
Bien que cette recherche se concentre sur le syndrome myélodysplasique (SMD) et la leucémie lymphoïde chronique (LLC), les résultats suggèrent que d’autres cancers présentant des mutations similaires pourraient également être sensibles à cette approche. Cela pourrait élargir considérablement l’utilisation des inhibiteurs de PARP dans le traitement du cancer.
Référence : “Transposable elements as synthetic lethality targets to kill blood cancers mutating PCG genes” par Bernd B. Zeisig, Chiou-Tsun Tsai, Clommence Vicent, Tsz Kan Fung, Priscilla Ieng Lau, Nanjun Liu, Hoogeboom, Claire Lynn, Si-Yi Zhang, Piers Emnthia L. Fisher Mohammad M. Karimi et Chi Wai Eric So, 11 septembre 2025, Blood.
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