Publié le 13 octobre 2025 à 07h50. L’affaire du viol collectif d’une étudiante en médecine à Durgapur, au Bengale occidental, suscite une vive indignation, exacerbée par les controversées déclarations de la ministre en chef Mamata Banerjee, qui interrogeait les circonstances de sa sortie nocturne. Cinq suspects sont désormais en détention, mais la polémique politique ne cesse de croître.
- Cinq personnes ont été arrêtées dans le cadre de l’enquête sur le viol collectif d’une étudiante en médecine à Durgapur.
- Les déclarations de Mamata Banerjee, remettant en question les choix de l’étudiante, ont provoqué un tollé général.
- L’affaire a déclenché une bataille politique au Bengale occidental, avec des accusations de victimisation.
La police du Bengale occidental a annoncé lundi l’arrestation de deux suspects supplémentaires dans l’affaire du viol collectif d’une étudiante en médecine survenue à Durgapur. Avec ces nouvelles arrestations, les cinq personnes suspectées d’être impliquées dans cette agression sont désormais en garde à vue, suite à une plainte déposée par la victime.
L’étudiante, originaire de Jaleswar, dans l’Odisha, suivait sa deuxième année de Bachelor of Medicine and Bachelor of Surgery (MBBS) et aurait été agressée vendredi soir près du campus de l’université de médecine privée de Durgapur. Selon les premières investigations, elle se trouvait en compagnie d’un ami lorsqu’elle a été attaquée. La victime est actuellement hospitalisée et a pu fournir son témoignage aux autorités.
L’affaire a rapidement pris une dimension politique après que Mamata Banerjee a publiquement questionné les raisons pour lesquelles l’étudiante s’était aventurée dehors si tard dans la nuit. Elle a déclaré :
« Nous prenons ce genre d’affaires très au sérieux au Bengale. Trois personnes ont été arrêtées et une enquête est en cours. Mais comment l’étudiante a-t-elle pu quitter le campus la nuit ? C’est une zone forestière. L’école de médecine privée doit prendre soin de ses étudiants. »
Mamata Banerjee, Ministre en chef du Bengale occidental
Bien que Mamata Banerjee ait par la suite affirmé que ses propos avaient été déformés, l’opposition, en particulier le Bharatiya Janata Party (BJP), l’a vivement critiquée pour ce qui est perçu comme un blâme de la victime. Gaurav Bhatia, porte-parole national du BJP, a qualifié la ministre en chef de « tache sur la féminité ». Il a écrit sur X (anciennement Twitter) :
« Shameless @MamataOfficial, une tache sur la féminité, encore plus pour être CM… Après RG Kar et Sandeshkhali, maintenant cet horrible cas de viol et au lieu de justice, elle blâme la victime. »
Gaurav Bhatia, Porte-parole national du BJP
Sukanta Majumdar, ministre de l’Union, a également critiqué le Trinamool Congress (TMC), le parti de Mamata Banerjee, estimant qu’il avait tenu des propos similaires à plusieurs reprises. Il s’est même interrogé sur le souhait de la ministre en chef de voir toutes les femmes porter le voile et rester cloîtrées chez elles.
« Plus tôt, lorsque s’est produit l’incident du RG Kar Medical College, une notification a été émise selon laquelle les entreprises privées devraient accorder moins de travail de nuit aux femmes. Aujourd’hui, le Ministre en chef dit que les femmes ne devraient pas sortir la nuit. Veut-elle que toutes les femmes portent la burqa et restent à la maison ? »
Sukanta Majumdar, Ministre de l’Union
Kiren Rijiju, autre ministre de l’Union, a également dénoncé les propos de Mamata Banerjee, critiquant par la même occasion certains médias pour leur silence face à ce qu’il considère comme une accusation implicite de la victime. Il a déclaré sur X :
« Imaginez, si cette déclaration avait été faite par un ministre en chef du BJP ! L’ensemble du système d’écho et les journalistes libéraux autoproclamés (en fait un gang antilibéral) auraient créé une situation insupportable dans le pays. »
Kiren Rijiju, Ministre de l’Union
L’enquête se poursuit et les autorités s’efforcent de faire la lumière sur les circonstances de cette agression et de traduire les responsables en justice. Pour plus d’informations sur l’indignation suscitée par les propos de Mamata Banerjee.
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