Publié le 24 septembre 2023. Face à la multiplication des incidents impliquant des drones en Europe, le gouvernement irlandais accélère la mise en place de défenses anti-drones, notamment en prévision d’un sommet européen à Dublin l’automne prochain.
- L’Irlande prévoit d’acquérir rapidement des systèmes de défense anti-drones pour l’aéroport militaire de Baldonnel.
- Des demandes d’assistance pourraient être adressées à d’autres pays de l’Union européenne et au Royaume-Uni, en raison du manque de capacités irlandaises dans ce domaine.
- Cette décision intervient après des incursions de drones russes en Europe de l’Est et des perturbations causées par des drones non identifiés dans plusieurs aéroports européens.
L’Irlande se prépare à assurer la présidence de l’Union européenne au second semestre de 2024 et organisera à cette occasion un sommet « informel » à Dublin, probablement en septembre prochain. Ces sommets, qui réunissent les 27 États membres de l’UE, sont de plus en plus souvent associés à des rencontres de la Communauté politique européenne, un forum plus large incluant une vingtaine d’autres pays européens, dont le Royaume-Uni, la Norvège et l’Islande.
Les récentes tensions géopolitiques, et en particulier les incidents impliquant des drones, ont incité les autorités irlandaises à renforcer la sécurité aérienne. Des activités de drones non identifiés à proximité d’aéroports et de bases militaires, suspectées d’être liées à des agents russes, ont provoqué de vives inquiétudes au Danemark, qui a sollicité l’aide de plusieurs pays européens pour assurer la sécurité des sommets.
La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a qualifié ces activités de « attaque hybride » contre son pays, une préoccupation croissante pour les États membres de l’UE, en particulier ceux situés à proximité de la Russie. Des intrusions de drones ont également été signalées dans l’espace aérien polonais et roumain, et l’Estonie a récemment fait état de l’entrée de chasseurs russes dans son espace aérien pendant 12 minutes.
Pour sécuriser le sommet de Copenhague, la France, l’Allemagne, la Suède et le Royaume-Uni ont déployé du personnel et du matériel, notamment des « systèmes de drones anti-drones ». La police suédoise a envoyé une force importante à Copenhague à la demande du Danemark, et les forces de l’ordre norvégiennes ont également participé à l’opération. La France a notamment fourni un hélicoptère militaire Fennec et une équipe de 35 personnes spécialisées dans la lutte anti-drone. L’Allemagne a quant à elle déployé une quarantaine de soldats pour aider à la détection, l’identification et la défense contre les drones.
Selon des sources gouvernementales à Dublin, l’Irlande envisagera probablement des options similaires pour les sommets de l’année prochaine, bien qu’aucune demande d’aide n’ait encore été formulée auprès de l’UE ou du Royaume-Uni. Il existe déjà un accord bilatéral secret avec le Royaume-Uni, datant de la Guerre froide, en vertu duquel la Royal Air Force (RAF) peut intervenir pour assurer la défense de l’espace aérien irlandais si nécessaire. Des avions de la RAF basés en Écosse ont par le passé intercepté des avions militaires russes dans l’espace aérien contrôlé par l’Irlande.
Le budget de la défense irlandais atteindra un niveau record de 1,49 milliard d’euros l’année prochaine, conformément à l’engagement de la coalition gouvernementale d’augmenter les dépenses militaires de 50 % d’ici 2028. Cette augmentation de 11 % pour le ministère de la Défense permettra notamment l’acquisition de systèmes sonar et radar, ainsi que de nouveaux équipements pour les forces de défense. Cependant, les dépenses irlandaises en matière de défense restent modestes par rapport à celles de la plupart des autres pays de l’UE.
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