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Afrique: L’Afrique du Sud plaide pour un avenir numérique inclusif à travers sa présidence du G20

by Clara Dubois

Publié le 2024-05-16 14:35:00. L’Afrique du Sud, en tant que première nation africaine à présider le sommet du G20, place la réduction de la fracture numérique au cœur de ses priorités, appelant à une coopération internationale renforcée pour garantir un accès équitable aux technologies et aux opportunités qu’elles offrent.

  • L’Afrique du Sud s’engage à promouvoir un programme numérique mondial transformateur et équitable, axé sur la connectivité abordable, les infrastructures publiques robustes, le développement des compétences numériques et une intelligence artificielle éthique.
  • Environ 2,6 milliards de personnes dans le monde n’avaient toujours pas accès à Internet en 2023, soulignant l’urgence de réduire la fracture numérique pour atteindre les objectifs de développement durable des Nations Unies.
  • Le groupe de travail du G20 sur l’économie numérique joue un rôle clé dans la recherche de solutions pratiques pour l’accès à Internet, les compétences numériques et l’intelligence artificielle.

L’Afrique du Sud assume son rôle historique de présidence du G20 avec la ferme intention de donner une voix plus forte aux pays du Sud et de promouvoir une coopération financière et économique plus inclusive. La transformation numérique, qui remodèle profondément l’économie mondiale, est au centre de cette ambition.

Selon Solly Malatsi, ministre des Communications et des Technologies numériques,

« La connectivité n’est plus un privilège. C’est une condition préalable à la participation économique, à l’éducation, à l’innovation et à la croissance. »

Solly Malatsi, ministre des Communications et des Technologies numériques

Cette conviction guide la stratégie sud-africaine, qui considère la réduction de la fracture numérique comme essentielle pour une prospérité partagée et pour éviter d’exclure des nations et des citoyens de l’économie numérique mondiale.

Le constat est alarmant : en 2023, près de 2,6 milliards de personnes (environ un tiers de la population mondiale) restaient déconnectées d’Internet. Cette situation met en évidence les inégalités persistantes, l’exclusion et la pauvreté, en particulier dans les pays du Sud. L’Afrique du Sud s’inquiète particulièrement de l’impact de cette fracture sur les femmes, les jeunes et les populations rurales, qui sont souvent les plus marginalisés.

Pour relever ce défi, l’Afrique du Sud plaide pour une action coordonnée du G20 autour de quatre axes principaux : une connectivité abordable et significative, le développement d’infrastructures publiques numériques robustes, le renforcement des compétences numériques – avec un accent particulier sur l’autonomisation des femmes et des jeunes – et la promotion d’un cadre éthique et inclusif pour l’intelligence artificielle.

Le groupe de travail sur l’économie numérique, intégré au volet Sherpa, a déjà permis de faire avancer des solutions concrètes en matière d’accès à Internet, de compétences numériques et d’intelligence artificielle. En collaboration avec des partenaires internationaux tels que l’Union africaine, l’Union internationale des télécommunications et le Programme des Nations Unies pour le développement, l’Afrique du Sud a lancé un appel mondial à l’innovation dans les infrastructures publiques numériques. L’Union internationale des télécommunications est un partenaire clé dans cette initiative.

Cette initiative vise à encourager le partage de bonnes pratiques et de connaissances sur des sujets tels que les systèmes d’identification numérique, la télésanté, l’apprentissage en ligne et l’alphabétisation numérique, tout en favorisant la coopération régionale.

L’Afrique du Sud a également développé un cadre d’inclusion numérique universelle et équitable, un guide pratique destiné à aider les gouvernements à concevoir des politiques inclusives et à suivre les progrès réalisés en matière d’accès numérique. En outre, en partenariat avec l’UNESCO, elle a élaboré une boîte à outils pour réduire les inégalités liées à l’intelligence artificielle, afin d’aider les gouvernements à gérer les risques potentiels (biais algorithmiques, contenus préjudiciables) tout en promouvant une adoption inclusive de cette technologie.

Cette approche s’inscrit dans la philosophie sud-africaine d’Ubuntu, qui met l’accent sur l’interconnexion et la diversité. L’Afrique du Sud envisage un avenir où la transformation numérique connecte les cultures, les langues et les communautés, et investit dans des écosystèmes d’innovation numérique pour soutenir les micro, petites et moyennes entreprises, stimuler l’innovation locale et créer des emplois.

Pour mettre en œuvre cet ambitieux programme, un financement durable est indispensable. L’Afrique du Sud appelle donc à des modèles de financement mixtes, combinant investissements publics, partenariats avec le secteur privé et innovation technologique.

Les technologies numériques offrent un potentiel immense pour favoriser un développement inclusif, connecter les populations marginalisées et donner aux citoyens les moyens d’agir. Des systèmes d’identité numérique aux services d’administration en ligne en passant par les plateformes open source, les possibilités offertes par l’infrastructure numérique sont indéniables.

Engageons-nous collectivement à réduire la fracture numérique, en investissant dans les infrastructures et les technologies qui améliorent la vie et stimulent l’innovation. Ensemble, nous pouvons construire un avenir numérique inclusif, éthique et solide, qui profite à tous.

*Sandile Nene est directrice générale adjointe par intérim pour le traitement et la diffusion du contenu dans le système de communication et d’information du gouvernement (GCIS).

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