Publié le 24 septembre 2025 10:15:00. Une vaste étude française révèle que la transformation des aliments a un impact plus important sur le risque de maladies cardiovasculaires que la simple distinction entre aliments d’origine végétale et animale, remettant en question les recommandations diététiques traditionnelles.
- Une consommation élevée d’aliments ultra-transformés, même dans le cadre d’un régime végétal, augmente significativement le risque de maladies coronariennes et cardiovasculaires.
- Les aliments peu transformés ou entiers, comme les fruits et légumes frais, sont associés à une réduction notable de ces risques.
- Les politiques de santé publique devraient se concentrer sur la limitation de la consommation d’aliments ultra-transformés, qu’ils soient d’origine végétale ou animale.
Les résultats d’une étude de cohorte menée auprès de plus de 63 000 adultes français, participant à l’étude NutriNet-Santé, démontrent que le niveau de transformation des aliments est un facteur déterminant dans le développement de maladies cardiovasculaires. Cette recherche, publiée dans The Lancet Regional Health—Europe, nuance l’idée reçue selon laquelle un régime exclusivement à base de plantes serait automatiquement bénéfique pour le cœur.
L’analyse des habitudes alimentaires des participants, prenant en compte à la fois l’origine des aliments et leur degré de transformation, a révélé que même un régime végétal équilibré perd son effet protecteur s’il est dominé par des produits ultra-transformés. Sur une période de suivi médiane de neuf ans, les individus ayant adopté une alimentation saine et peu transformée à base de plantes ont présenté une incidence de maladies coronariennes inférieure de 44 % (HR 0,56, IC à 95 % 0,42 à 0,75) et un risque réduit de 32 % de maladies cardiovasculaires globales (HR 0,68, IC à 95 % 0,53 à 0,88) par rapport à ceux ayant les moins bonnes habitudes alimentaires.
À l’inverse, ceux qui suivaient un régime végétal riche en aliments ultra-transformés ont vu leur risque de maladies coronariennes augmenter de 46 % (HR 1,46, IC à 95 % 1,11-1,93) et celui de maladies cardiovasculaires de 38 % (HR 1,38, IC 95 % 1,09-1,76). Les aliments en cause incluent notamment les plats préparés, les céréales sucrées, les boissons sucrées et les encas industriels. Les régimes privilégiant les aliments entiers ou peu transformés, tels que les fruits et légumes frais, les légumes surgelés non sucrés ou les céréales complètes, se sont avérés les plus protecteurs.
Ces conclusions soulignent l’importance de la qualité nutritionnelle des aliments, au-delà de leur origine (végétale ou animale). Elles mettent en évidence le fait que la transformation industrielle peut altérer, voire annuler, les bénéfices potentiels d’une alimentation saine. Les chercheurs insistent sur la nécessité d’une approche plus nuancée des recommandations diététiques, qui prenne en compte le niveau de transformation des aliments.
Les implications pour la santé publique sont considérables. Il ne suffit plus de conseiller une consommation réduite de produits d’origine animale ; il est également crucial de limiter la consommation d’aliments d’origine végétale ultra-transformés. Cela implique une adaptation de la fabrication alimentaire et une meilleure éducation des consommateurs, afin de promouvoir une alimentation plus saine et durable. Des études récentes établissent également un lien entre les régimes ultra-transformés et d’autres problèmes de santé.
Référence
Clémentine Prioux et al, Risque de maladies cardiovasculaires et équilibre entre les aliments d’origine animale et végétale, la qualité nutritionnelle et le niveau de transformation des aliments dans la cohorte française NutriNet-Santé : une étude observationnelle longitudinale, The Lancet Regional Health—Europe (2025). DOI : 10.1016/j.lanepe.2025.101470
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