Publié le 16 janvier 2026 à 14h01. Face à la montée des températures extrêmes, les cyclistes professionnels s’entraînent désormais dans des chambres thermiques pour se préparer à des compétitions de plus en plus éprouvantes, comme le Tour Down Under en Australie, où la menace des vagues de chaleur est bien réelle.
- Le nombre de jours dépassant les 41°C (106°F) à Adélaïde a presque triplé au cours des 26 dernières années.
- L’entraînement thermique, autrefois réservé à l’élite, est devenu un élément essentiel de la préparation sportive.
- Des voix s’élèvent pour dénoncer le parrainage du Tour Down Under par des entreprises du secteur des combustibles fossiles, jugé paradoxal face à l’urgence climatique.
La sueur ruisselle, les jambes flageolent, le cœur s’emballe. C’est l’expérience que vivent de nombreux cyclistes professionnels enfermés dans des chambres thermiques, des espaces clos où la température et l’humidité sont artificiellement élevées pour simuler les conditions extrêmes qu’ils pourraient rencontrer en compétition. Loin du soleil et de l’air frais, ces athlètes s’astreignent à un entraînement éprouvant, une préparation devenue indispensable face au réchauffement climatique.
« C’est comme recevoir des amis internationaux dans une maison visiblement en feu. Ne regardez pas ça, disons-nous. Regardez le spectacle. Regardez le soleil », confie une cycliste, témoignant d’un malaise croissant face à la contradiction entre l’attrait touristique de la région et les dangers liés aux vagues de chaleur.
L’Australie du Sud, et plus particulièrement Adélaïde, est une destination prisée des cyclistes, avec son climat ensoleillé et ses paysages variés. Mais cette image idyllique est ternie par une réalité alarmante : les températures augmentent d’année en année. Au cours des 26 dernières années, le nombre de jours où les températures ont dépassé les 41°C (106°F) à Adélaïde a presque triplé par rapport aux 26 années précédentes. Cette tendance inquiétante a des conséquences directes sur la pratique du cyclisme.
Autrefois considéré comme un avantage marginal réservé aux athlètes les plus performants, l’entraînement thermique est désormais un élément incontournable de la préparation sportive. Les instances dirigeantes du cyclisme sont conscientes de la nécessité de mettre en place des protocoles de sécurité plus stricts pour protéger les coureurs. Si des mesures drastiques, comme l’annulation des courses lorsque la température dépasse les 37°C (98,6°F), étaient systématiquement appliquées, une part importante du Tour Down Under serait compromise.
Les conséquences de la chaleur extrême ne se limitent pas aux athlètes. Les spectateurs, les bénévoles et les populations locales sont également exposés aux risques liés aux vagues de chaleur. Le cyclisme, en tant que sport de plein air, attire un public nombreux qui se rassemble le long des routes et dans les villages. L’ironie est que les régions les plus touchées par le réchauffement climatique sont également celles qui bénéficient le plus de l’afflux touristique lié au cyclisme.
Des appels se font entendre pour une prise de conscience collective et une action plus ambitieuse. Certains estiment qu’une première étape importante serait de mettre fin au parrainage du Tour Down Under par des entreprises du secteur des combustibles fossiles. Il est paradoxal, selon eux, de promouvoir un événement sportif qui valorise la santé et la performance humaine tout en étant financé par des entreprises qui contribuent au réchauffement climatique.
Dans la chambre thermique, où la sueur coule à flots, une question se pose : la réponse la plus efficace au changement climatique dans le sport est-elle de mieux s’y préparer, ou de s’attaquer à ses causes profondes ?


