Publié le 24 septembre 2025. Une étude clinique espagnole suggère que le régime méditerranéen pourrait apporter un soulagement significatif aux patients atteints de psoriasis, en réduisant les lésions cutanées et en améliorant leur qualité de vie.
- Le régime méditerranéen s’est avéré plus efficace qu’un régime faible en gras pour réduire la gravité du psoriasis.
- Les patients suivant ce régime ont également rapporté une amélioration de leur qualité de vie, notamment en termes de sommeil et d’anxiété.
- L’étude souligne que ces bénéfices sont observés indépendamment d’une perte de poids significative.
Des recherches antérieures suggéraient que le régime méditerranéen, riche en huile d’olive extra vierge, en légumes, en fruits secs et en céréales complètes, possède des propriétés anti-inflammatoires. Cependant, jusqu’à présent, les preuves de son efficacité sur le psoriasis étaient principalement basées sur des études observationnelles. L’essai MEDIPSO, mené par une équipe de chercheurs espagnols, est présenté comme la première étude randomisée à explorer directement cet impact.
Les résultats, publiés dans la revue JAMA Dermatologie, indiquent que les 19 patients atteints de psoriasis léger à modéré (évalué entre 2 et 10 sur une échelle standard) qui ont suivi le régime méditerranéen pendant 16 semaines ont constaté une réduction plus importante de la surface corporelle affectée par les lésions psoriasiques et de l’indice de gravité de la maladie, par rapport aux 18 patients qui ont suivi un régime pauvre en graisses. Les participants ont pu continuer leurs traitements topiques habituels pendant l’étude, mais l’utilisation de thérapies systémiques était interdite.
L’étude a révélé une amélioration significative du critère principal d’évaluation : la variation de l’indice PASI (Psoriasis Area and Severity Index) entre le début de l’étude et la semaine 16. Le changement moyen marginal estimé était de -3,4 pour le groupe suivant le régime méditerranéen, contre 0 pour le groupe témoin. De plus, une proportion beaucoup plus importante de patients du groupe méditerranéen a obtenu une réduction de 50 % (68 % contre 1 %), 75 % (47 % contre 0 %) et 90 % (26 % contre 0 %) de leur score PASI initial.
Au-delà des améliorations cutanées, les patients ayant adopté le régime méditerranéen ont également bénéficié d’une meilleure qualité de vie (une différence de -3,1 sur l’indice de qualité de vie dermatologique), d’une réduction de l’insomnie (-2,5 sur l’indice de gravité de l’insomnie) et d’une diminution des symptômes d’anxiété (-2,8 sur l’échelle d’anxiété et de dépression de l’hôpital). Il n’a pas été observé de différence significative entre les groupes en ce qui concerne les symptômes dépressifs.
Les chercheurs insistent sur le fait que ces améliorations ont été constatées sans perte de poids notable, suggérant que l’effet bénéfique du régime méditerranéen est indépendant des changements de poids. Ils ont également souligné l’absence d’effets indésirables liés à l’intervention et une tendance à la réduction des traitements topiques chez les patients du groupe méditerranéen, ce qui exclut une simple amélioration due à une utilisation accrue de médicaments.
Les mécanismes potentiels expliquant ces résultats sont multiples. Le régime méditerranéen est connu pour réduire l’inflammation systémique et le stress oxydatif, grâce à sa richesse en vitamines antioxydantes (β-carotène, vitamines C et E), en polyphénols et en composés phytochimiques. L’oléocanthal présent dans l’huile d’olive inhibe la cyclooxygénase, tandis que les acides gras oméga-3 contenus dans les poissons gras inhibent les eicosanoïdes pro-inflammatoires. Le régime méditerranéen améliore également le profil lipidique, la sensibilité à l’insuline et module la signalisation hormonale, tout en favorisant un microbiote intestinal sain.
L’essai MEDIPSO présente certaines limites, notamment sa petite taille d’échantillon, sa courte durée de suivi et sa conception ouverte. Néanmoins, les chercheurs estiment que ces résultats constituent une avancée importante dans la compréhension du rôle de l’alimentation dans la gestion du psoriasis. Ils appellent à la réalisation d’études multicentriques plus vastes et à plus long terme pour confirmer ces résultats et mieux définir le rôle des interventions diététiques dans cette maladie chronique.
« Les résultats de cette étude plaident en faveur de l’intégration d’interventions nutritionnelles structurées dans une approche globale du traitement du psoriasis », ont-ils conclu. « Le régime méditerranéen est non seulement culturellement acceptable et durable, mais il peut également offrir des avantages supplémentaires pour la santé cardiovasculaire, une préoccupation fréquente chez les patients atteints de psoriasis. »
JAMA Dermatologie, 24 septembre 2025
