Home SantéAméliorer les résultats de la schizophrénie grâce aux injectables à action prolongée : aperçus de la conférence de psychiatrie du sud de la Floride

Améliorer les résultats de la schizophrénie grâce aux injectables à action prolongée : aperçus de la conférence de psychiatrie du sud de la Floride

by Sophie Martin

Publié le 21 novembre 2025 à 20h12. L’utilisation d’antipsychotiques injectables à action prolongée (AIL) pourrait améliorer significativement la prise en charge de la schizophrénie, en réduisant les rechutes et en facilitant l’adhésion au traitement, selon des experts lors d’une conférence en Floride.

  • Les AIL permettent de s’assurer que le patient reçoit la totalité de la dose prescrite, contrairement aux traitements oraux où l’observance est plus difficile.
  • Une initiation précoce des AIL peut diminuer le risque de rechute, de réhospitalisation et de troubles liés à l’usage de substances.
  • La présentation des AIL aux patients doit tenir compte de la stigmatisation associée à ces traitements et s’appuyer sur une relation thérapeutique solide.

Lors de la conférence de psychiatrie du sud de la Floride, qui s’est tenue à West Palm Beach, les docteurs Patricia Junquera, Maria Collado et Erin Crown ont présenté les meilleures pratiques concernant l’utilisation des antipsychotiques injectables à action prolongée (AIL) dans le traitement de la schizophrénie. Ces médicaments, administrés par injection, offrent une alternative aux traitements oraux traditionnels et présentent des avantages notables en termes d’observance et de prévention des rechutes.

Selon le docteur Collado, l’un des principaux atouts des AIL réside dans la simplification du suivi thérapeutique : « La clé est de permettre au patient de ne penser à sa médication qu’une fois par mois, plutôt que quotidiennement, voire deux fois par jour. » Le docteur Junquera a souligné l’intérêt d’une intervention précoce avec les AIL, afin de stabiliser les patients avant qu’ils ne sombrent dans une phase de déclin liée à un manque d’observance. En effet, la non-observance du traitement augmente considérablement le risque de troubles liés à l’usage de substances et de rechute. L’AIL peut alors constituer une solution pour éviter cette spirale négative.

Des études, dont une méta-analyse d’essais randomisés publiée en 2014 dans la revue Schizophrenie Bulletin, confirment l’efficacité des AIL dans la prévention des rechutes. L’utilisation précoce de ces médicaments peut entraîner une réduction significative du risque de rechute, de réhospitalisation et de symptômes cognitifs.

Pour les AIL avec des intervalles plus longs entre les injections, les patients n’ont plus à se soucier de la gestion quotidienne de leur traitement. Cette option se traduit par une meilleure adhésion, une plus grande commodité et une réduction du stress et de l’anxiété, tant pour les patients que pour les professionnels de santé. Ces derniers ont la certitude que le patient reçoit sa médication, ce qui leur permet de se concentrer sur d’autres aspects de sa prise en charge en cas de problème.

La manière dont les AIL sont présentés aux patients est également cruciale. Le docteur Collado a souligné que d’autres spécialités médicales, comme la contraception ou la prophylaxie pré-exposition, utilisent également des injections à action prolongée, mais sont moins confrontées à la stigmatisation que les AIL en psychiatrie. L’établissement d’une alliance thérapeutique solide et d’une relation de confiance avec le patient est donc essentiel pour initier un traitement par AIL.

Le docteur Collado a également expliqué le mécanisme d’action des AIL, en insistant sur l’importance de tenir compte des demi-vies des différents médicaments. Une administration régulière des AIL permet d’obtenir un taux sanguin plus stable et prévisible du médicament. Il est également important de déterminer si des doses de charge, des injections multiples ou une supplémentation orale peuvent être nécessaires, en fonction du médicament utilisé. L’administration intramusculaire des AIL modifie la courbe de concentration du médicament par rapport à une voie orale.

Enfin, le docteur Crown a précisé les différents types d’AIL disponibles et les stratégies à adopter en fonction du médicament choisi. Il est important de tenir compte du moment de la concentration maximale du médicament, notamment en cas d’urgence. Différentes options de doses de charge et d’entretien existent, mais il est crucial de ne pas dépasser la dose totale recommandée afin d’éviter des effets indésirables, tels que des mouvements involontaires. La variété des médicaments et des intervalles d’administration disponibles offre une plus grande flexibilité aux patients et aux professionnels de santé.

Références

1. Junquera P, Collado M, Crown E. Surmonter les obstacles à l’utilisation d’agents injectables à action prolongée dans la schizophrénie. Actes de la conférence de psychiatrie du sud de la Floride. Novembre 2025 ; 21-22. West Palm Beach, Floride.

2. T Cysymoto, Robezadeh A, Leucht C et al. Antipsychotiques injectables à action prolongée ou antipsychotiques oraux pour la prévention des rechutes dans la schizophrénie : une méta-analyse d’essais randomisés. Schizophrenie Bulletin. 2014;40(1):192-213.

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