Plus de 270 000 passagers subissent des perturbations après qu’une série d’éruptions du volcan indonésien Anak Krakatau a provoqué la fermeture temporaire de huit aéroports et fait apparaître deux nouvelles formations insulaires.
L’archipel indonésien retient son souffle après la découverte de deux petites masses terrestres surgies des eaux du détroit de la Sonde. Repérées par le Centre de volcanologie et d’atténuation des risques géologiques, ces terres se situent à moins d’un kilomètre des côtes du volcan.
Les autorités prudentes sur la nature de ces nouvelles terres
Pour l’heure, les autorités demeurent prudentes quant à la nature exacte de ces formations. L’agence indonésienne n’a pas encore validé de données de terrain pour trancher entre de nouveaux centres éruptifs et une simple accumulation de débris.
Cette interrogation mobilise la communauté scientifique locale.
Le trafic aérien paralysé par les éruptions de l’Anak Krakatau
Cette poussée géologique fait suite à une séquence éruptive intense entamée avec une éruption puissante débutée un vendredi soir tard, produisant des fontaines de lave et une activité sismique persistante. Le ministre des Transports, Dudy Purwagandhi, a confirmé que les perturbations ont touché des centaines de vols, tandis que plus de 270 000 passagers ont subi des annulations, des retards — avec plus de 2 000 vols retardés dans les huit plateformes aériennes concernées — ou des déroutements sur leurs liaisons intérieures et internationales.
La situation a particulièrement touché le principal hub du pays, l’aéroport international Soekarno-Hatta desservant Jakarta, dont les exploitants ont indiqué sur les réseaux sociaux que les activités resteraient suspendues. Des centaines de vols commerciaux reliant l’Indonésie à Singapour, Sydney, Kuala Lumpur et Doha ont été touchés, tandis que Gede Eka Sandi Asmadi, responsable de la division juridique et de la communication de l’aéroport I Gusti Ngurah Rai à Bali, a précisé que les liaisons y avaient également été annulées ou ajustées.
Dudy Purwagandhi, ministre indonésien des Transports, a déclaré que la situation ne pouvait pas être prédite en raison de la météo dynamique.
Au-delà des perturbations économiques et logistiques, l’épisode a affecté directement les habitants des environs, à l’instar du résident Aldi Candra Prayogi, qui a rapporté ressentir des irritations oculaires comparables à de petits grains de sable nécessitant des gouttes pour les yeux, et contraint de balayer le devant de sa maison toutes les cinq minutes en raison de l’épaisseur des cendres. Les autorités locales déplorent également la disparition de cinq journalistes qui couvraient l’éruption à bord d’un hors-bord au début du mois de septembre, désormais présumés morts aux côtés des trois membres d’équipage qui les accompagnaient. Face aux risques persistants, l’agence météorologique BMKG a prévenu que la probabilité de nouvelles éruptions demeurait élevée, tandis que le volcan, situé dans le détroit de la Sonde entre Java et Sumatra au sein de la caldeira formée par la catastrophe de 1883, reste maintenu au niveau d’alerte 2 sur une échelle de 4, assorti d’une consigne stricte de ne pas s’approcher à moins de trois kilomètres.
Les autorités ont toutefois confirmé qu’aucune alerte au tsunami n’avait été émise en lien avec cette activité volcanique récente.

L’Anak Krakatau, dont l’appellation se traduit par « Enfant du Krakatoa », est issu de la mer au début du vingtième siècle à l’emplacement même de l’ancienne éruption cataclysmique de 1883 de ce dernier, un événement historique majeur qui avait entraîné un bilan estimé à 35 000 morts.
Les services du ministère des Transports ont par ailleurs invité les compagnies aériennes à rechercher des solutions de déroutement et à accélérer les remboursements des billets pour l’ensemble des voyageurs touchés par ces interdictions de vol.