L’humoriste britannique, connu pour son esprit vif et son engagement politique, revient sur les scènes françaises avec son nouveau spectacle, The Zaltgeist. Il se confie sur ses débuts hésitants, ses pires expériences sur scène et ses sources d’inspiration, de l’humour antique à la satire télévisuelle.
Ses débuts dans le stand-up, il les doit presque au hasard. Après une tentative infructueuse lors de sa dernière année à l’université, suivie de trois prestations désastreuses au festival d’Édimbourg, il avait songé à abandonner. « Ces premières expériences m’ont fortement suggéré d’arrêter », admet-il. Il a alors brièvement travaillé dans le monde de la finance, subéditant des articles sur les marchés boursiers, une expérience qu’il juge « encore moins passionnante que vous ne l’imaginez ». C’est en 2002, lors d’une soirée ouverte au Comedy Cafe de Londres, animée par Daniel Kitson, qu’il a trouvé sa voie. Une prestation réussie lui a ouvert les portes de quelques contrats rémunérés, et le stand-up est progressivement devenu son métier.
L’humoriste se souvient d’une soirée particulièrement mémorable, mais pour de mauvaises raisons. En 2002, il a été invité à assurer la première partie d’un spectacle à Killarney, en Irlande, suite à l’annulation d’un artiste local populaire. La salle, un nightclub d’hôtel, attirait un public indécis, partagé entre ceux qui venaient pour le spectacle et ceux qui préféraient danser. Le résultat fut un mélange déconcertant de silence, d’hostilité, de confusion et d’indifférence. « Le bruit de la discothèque m’a ensuite empêché de dormir jusqu’à 4 heures du matin », raconte-t-il.
Quant à ses rituels avant de monter sur scène, il se contente de répondre avec humour : « Soyez reconnaissant que je ne sois pas dans un nightclub de Killarney. »
Il ne se considère pas comme ayant de « héros », mais cite des sources d’inspiration précises. Avant de se lancer dans le stand-up, il admirait l’inventivité comique et l’ambition satirique d’émissions comme The Day Today et Brass Eye. La performance de Robert Newman au festival d’Édimbourg en 2000 l’a incité à explorer davantage le registre politique. Son intérêt pour la comédie remonte également à ses études universitaires, où il a étudié la comédie grecque antique, en particulier les pièces d’Aristophane. « C’est une comédie ‘totale’ – tout y est : satire politique, parodie littéraire, slapstick, jeux de mots et blagues salaces », explique-t-il. Il aurait aimé dîner avec le dramaturge grec, si celui-ci n’était pas décédé il y a plus de 2 400 ans, et avec un interprète, bien sûr.
Parmi ses spectacles préférés, il évoque ses prestations au Naveed’s Comedy Club de Dhaka, au Bangladesh, en 2011, alors qu’il couvrait la Coupe du Monde de Cricket pour ESPNcricinfo. Ce club, le premier du genre au Bangladesh, avait été créé par Naveed un an auparavant. « C’était une petite salle de sous-sol dans un immeuble d’habitation, aménagée comme un club de stand-up new-yorkais – avec un mur de briques et des photos de Seinfeld, Steve Martin et d’autres sur les murs », se souvient-il. Une expérience à la fois étrange, merveilleuse et inspirante.
Il se souvient également d’une interaction amusante avec un public étudiant à Leeds. Lors d’un spectacle, une spectatrice s’était endormie, non pas par fatigue, mais par une décision consciente. « Difficile de réagir à ça », ironise-t-il. Il lui arrivait aussi, lors de ses spectacles au festival d’Édimbourg, que des spectateurs lui annoncent le score d’un match de cricket en cours, ce qui, bien qu’utile, démontrait qu’il n’avait pas totalement captivé leur attention.
Son spectacle actuel, The Zaltgeist, est né de « l’impossibilité croissante de comprendre le monde et sa politique ». Il estime que la satire est à la fois plus difficile, plus étrange et plus épuisante qu’auparavant, mais aussi plus cathartique.
Après sa tournée, il espère assister à un retournement de situation historique pour l’équipe d’Angleterre de cricket lors des Ashes, avant de reprendre ses fonctions dans l’émission The News Quiz.
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