Les ayants droit d’Elvis Presley attaquent en justice la société Anthropic, l’accusant d’avoir utilisé 274 chansons du King sans autorisation pour entraîner ses modèles d’intelligence artificielle et de générer des paroles non autorisées.
Une action en justice portée par les ayants droit d’Elvis Presley contre Anthropic
L’offensive judiciaire franchit un cap inédit dans l’industrie musicale. Les propriétaires du catalogue d’Elvis Presley ont déposé une plainte fédérale visant l’entreprise d’intelligence artificielle Anthropic, le 23 octobre 2026, d’après les informations relayées par Billboard. L’action en justice cible l’utilisation non autorisée de 274 compositions emblématiques de la légende du rock, exploitées selon les plaignants pour alimenter le modèle linguistique Claude.
La structure Authentic Brands Group, qui gère la propriété intellectuelle, le nom, l’image et le catalogue musical du chanteur, s’associe à d’autres entités et ayants droit pour mener ce combat. La plainte énumère des titres fondamentaux de l’histoire de la musique enregistrée, parmi lesquels Can’t Help Falling in Love, All Shook Up, Don’t Be Cruel, A Little Less Conversation, Return to Sender et (You’re The) Devil in Disguise.

D’autres labels et éditeurs musicaux, tels que Sony Music Publishing et Warner Chappell, ainsi que Concord Music Group, Universal Music, Songs of Universal, Polygram Publishing, Abkco Music, BMG Rights Management et Reservoir Media, ont également mené des actions en justice contre Anthropic. La plainte déposée par les représentants d’Elvis Presley s’inscrit ainsi dans une vague plus large de recours collectifs et individuels menés par l’industrie musicale face aux pratiques des technologies génératives.
Les accusations de Richard Busch sur l’échelle de la contrefaçon
Pour orchestrer cette procédure, les plaignants s’attachent les services de l’avocat Richard Busch, une figure connue des litiges musicaux d’envergure internationale. Ce dernier a notamment représenté Eminem lors de litiges sur les téléchargements numériques dans les années 2000 et a défendu les ayants droit de Marvin Gaye face au titre Blurred Lines
, comme le rappelle Türkiye Today. L’avocat a également représenté le label indépendant Round Hill dans des procédures similaires visant des acteurs du secteur.
Richard Busch a déclaré que « les plaignants d’Elvis intentent cette action pour faire respecter ces droits exclusifs contre le défendeur qui a bâti tout son modèle économique sur une contrefaçon de droits d’auteur à une échelle jamais vue auparavant ».
L’argumentaire juridique pointe non seulement l’ingestion massive de données lors de la phase d’apprentissage des algorithmes, mais aussi la nature des productions générées.

Les dommages réclamés et le débat sur l’usage loyal devant la justice fédérale
Sur le plan financier, l’action en justice chiffre les préjudices à hauteur de 150 000 dollars par œuvre enfreinte. Pour l’ensemble des 274 titres visés, le montant des dommages et intérêts statutaires s’élève à environ 41,1 millions de dollars, soit approximativement 31 millions de livres sterling, selon les détails rapportés par Avclub. Des demandes additionnelles liées aux métadonnées et aux contrôles d’accès portent le total réclamé à 48,635 millions de dollars.
Cette offensive coïncide avec une série de batailles judiciaires similaires menées par d’autres acteurs majeurs de l’industrie, tels qu’Universal Music Group, Concord Music Group, ABKCO et Sony Music Publishing, qui s’opposent aux pratiques des entreprises d’intelligence artificielle. Face à ces requêtes, les avocats d’Anthropic, représentés notamment par Sonal Mehta du cabinet WilmerHale, soutiennent que l’entraînement de l’intelligence artificielle relève du principe de l’usage loyal protégé par la législation américaine, un point de droit actuellement examiné par la juge fédérale Eumi Lee à San Jose, ainsi que le documente Reuters.