Home MondeAnwar de Malaisie appelle au dialogue sur la coercition lors du sommet de l’Asie de l’Est

Anwar de Malaisie appelle au dialogue sur la coercition lors du sommet de l’Asie de l’Est

by Clara Dubois

Publié le 27 octobre 2023. Face aux tensions géopolitiques croissantes, les dirigeants de la région Asie-Pacifique ont plaidé pour le dialogue et la coopération lors du sommet de l’Asie de l’Est à Kuala Lumpur, tandis que les États-Unis cherchaient à renforcer leurs liens commerciaux dans la région.

  • Le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim a appelé à privilégier le dialogue et la coopération face aux conflits à Gaza, en Ukraine, en Corée du Nord et aux rivalités sino-américaines.
  • Le sommet a été marqué par la présence du président américain Donald Trump, qui a conclu plusieurs accords commerciaux et a mis l’accent sur la réduction de la dépendance américaine à la Chine.
  • Les discussions ont également porté sur les tensions en mer de Chine méridionale et la lutte contre les escroqueries transnationales, notamment celles ciblant les citoyens sud-coréens.

Lors du sommet de l’Asie de l’Est, qui réunit l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) et ses principaux partenaires – Australie, Chine, Inde, Japon, Nouvelle-Zélande, Corée du Sud, Russie et États-Unis – le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim a souligné l’urgence d’une approche pacifique face aux crises mondiales. Il a insisté sur la nécessité d’un engagement constructif pour désamorcer les tensions et promouvoir la stabilité régionale.

« Nous continuons de plaider en faveur du dialogue plutôt que de la coercition… et de la coopération plutôt que de la confrontation. Nous affirmons notre position en faveur de la paix et de la sécurité mondiales, du multilatéralisme et du droit international. »

Anwar Ibrahim, Premier ministre malaisien

Le sommet a également été l’occasion pour le président américain Donald Trump de renforcer les liens économiques de son pays avec la région. Il a assisté à la signature de plusieurs accords commerciaux avec la Malaisie, la Thaïlande et le Cambodge, dans le cadre d’une stratégie visant à diversifier les sources d’approvisionnement et à réduire la dépendance américaine à la Chine. La rivalité croissante entre les États-Unis et la Chine a été un thème central des discussions.

Par ailleurs, Donald Trump a participé à une cérémonie marquant la formalisation du cessez-le-feu entre le Cambodge et la Thaïlande, un accord négocié avec l’aide de Washington.

Les tensions en mer de Chine méridionale ont également été au cœur des échanges. Anwar Ibrahim a appelé à la résolution de ce conflit territorial dans le cadre de l’ASEAN et de ses partenaires, par le biais du Code de conduite actuellement en négociation. Il a mis en garde contre les pressions extérieures susceptibles d’aggraver les tensions et a souligné l’importance du respect du droit international. Le président philippin Ferdinand Marcos Jr. s’est également engagé à accélérer la conclusion de ce Code de conduite lorsque son pays prendra la présidence de l’ASEAN l’année prochaine. Il a réitéré ses critiques à l’égard du projet chinois de construire une « réserve naturelle » sur un banc contesté.

À Pékin, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiaku, a accusé les Philippines d’être à l’origine des tensions en mer de Chine méridionale en raison de leurs « infractions délibérées et provocations ».

En marge des discussions sur les tensions géopolitiques, Anwar Ibrahim a salué les efforts de Donald Trump pour mettre fin au conflit à Gaza, tout en soulignant la nécessité d’une solution politique juste et durable pour le peuple palestinien. Il a également exprimé son inquiétude face aux récents lancements de missiles balistiques par la Corée du Nord et a appelé à un dialogue constructif.

« Une fois que nous appelons à un engagement dans toutes les régions, de Gaza à l’Ukraine en passant par le Myanmar, nous ne devons pas exclure un engagement avec (la Corée du Nord). »

Anwar Ibrahim, Premier ministre malaisien

Concernant la situation au Myanmar, l’ASEAN a réaffirmé son attachement à son Consensus en cinq points sur la paix et le dialogue pour résoudre la guerre civile déclenchée par le coup d’État militaire de 2021.

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a averti que les élections prévues au Myanmar en décembre pourraient entraîner davantage d’exclusion et d’instabilité si elles ne sont pas libres et équitables.

Selon Ilango Karuppannan, ancien ambassadeur de Malaisie et chercheur à l’École d’études internationales S. Rajaratnam de Singapour, le sommet de l’Asie de l’Est restera dans les mémoires pour la signature de l’accord de paix cambodgien-thaïlandais et le recentrage de la politique commerciale américaine vers l’Asie du Sud-Est.

Les pays de la région cherchent également à se prémunir contre les effets des tarifs douaniers américains. Le Premier ministre canadien Mark Carney a annoncé que le Canada accélérerait les négociations de libre-échange avec l’ASEAN, dans l’espoir de les conclure l’année prochaine, et qu’il doublerait ses exportations hors des États-Unis au cours de la prochaine décennie. Donald Trump a menacé d’imposer de nouveaux tarifs au Canada, ce qui a suscité des inquiétudes.

La Malaisie a également conclu un accord de libre-échange avec la Corée du Sud. Les membres de l’ASEAN et cinq partenaires (Chine, Japon, Corée du Sud, Australie et Nouvelle-Zélande) ont également tenu un sommet du Partenariat économique global régional (RCEP), le premier depuis la signature d’un accord de libre-échange en 2020. Cet accord, qui couvre environ un tiers du PIB mondial, vise à promouvoir l’intégration économique régionale.

Les dirigeants du RCEP ont déclaré que leur partenariat pourrait renforcer la résilience économique de la région face aux incertitudes mondiales. Doris Liew, économiste spécialisée dans le développement de l’Asie du Sud-Est, estime que le RCEP peut aider les pays à diversifier leur panier commercial et servir de « couverture pratique contre les chocs tarifaires américains ».

Enfin, les délégués ont célébré le 80e anniversaire du président brésilien Lula lors d’un dîner, marqué par un gâteau et une chanson d’anniversaire. Lula a déclaré qu’il se sentait au sommet de sa vie et qu’il espérait vivre jusqu’à 120 ans.

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