Publié le 2025-11-18 16:58:00. Des chercheurs de l’Université du Kentucky ont mis au point un modèle expérimental innovant qui pourrait ouvrir de nouvelles perspectives dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer, en ciblant un gène clé associé au risque et à la protection contre cette pathologie.
- Une équipe de l’Université du Kentucky a développé un modèle de souris permettant de modifier l’expression du gène APOE, passant d’une forme à risque (APOE4) à une forme protectrice (APOE2).
- Cette manipulation génétique a entraîné une amélioration significative de la santé cérébrale des souris, avec une réduction de l’accumulation de plaques amyloïdes et de l’inflammation.
- Les résultats suggèrent que les astrocytes, des cellules de soutien du cerveau, jouent un rôle crucial dans l’influence de l’APOE sur le développement de la maladie d’Alzheimer.
L’étude, publiée dans la revue Nature Neuroscience, se concentre sur l’apolipoprotéine E (APOE), un gène dont l’implication dans la maladie d’Alzheimer est reconnue depuis longtemps. Les individus porteurs de la variante APOE4 présentent un risque accru, jusqu’à 15 fois supérieur, de développer la maladie, tandis que ceux qui héritent de l’APOE2 semblent bénéficier d’une certaine protection et d’une meilleure préservation de leurs fonctions cognitives.
L’originalité de cette recherche réside dans la création d’un modèle animal permettant de moduler l’expression du gène APOE chez des souris adultes. En activant un mécanisme génétique spécifique dans les astrocytes, les chercheurs ont pu observer des effets bénéfiques notables. Les souris ainsi modifiées ont présenté moins de signes de pathologie liés à la maladie d’Alzheimer, notamment une diminution de l’accumulation de plaques amyloïdes – des dépôts de protéines considérés comme un marqueur de la maladie – et une réduction de l’inflammation cérébrale. De plus, elles ont affiché de meilleures performances lors de tests de mémoire.
« Ce modèle nous permet d’étudier ce qui se passe lorsque l’on passe du risque à la résilience. De manière remarquable, même un changement de gène effectué tardivement dans la vie a amélioré simultanément plusieurs aspects de la pathologie d’Alzheimer. »
Lesley Golden, auteure principale de l’étude
Les travaux de l’équipe de Lesley Golden, formée avec le co-auteur Lance Johnson au Collège de médecine de l’Université du Kentucky, ont bénéficié du soutien du Centre Sanders-Brown sur le vieillissement. Les chercheurs soulignent que cette modification génétique précise de l’APOE pourrait potentiellement influencer de nombreuses voies biologiques impliquées dans la maladie d’Alzheimer.
Bien que ces résultats aient été obtenus sur des souris, ils constituent une étape importante pour la recherche sur la maladie d’Alzheimer. Ils ouvrent la voie à de futures études chez l’homme visant à explorer des stratégies thérapeutiques basées sur la manipulation génétique pour prévenir ou ralentir la progression de la maladie.
« En comprenant et en manipulant l’APOE, nous pourrons peut-être un jour transformer la biologie de la maladie d’Alzheimer plutôt que de simplement traiter ses symptômes. »
Lance Johnson, co-auteur de l’étude
Référence : Golden LR, Siano DS, Stephens IO et al. La commutation allélique APOE4 vers APOE2 chez la souris améliore les signatures métaboliques, la neuropathologie et la cognition liées à la maladie d’Alzheimer. Nat Neurosci. 2025. 10.1038/s41593-025-02094-y
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