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Appel : le tribunal augmente la peine de prison du violeur de Pelicot

Publié le 9 octobre 2025 à 15h25. Après un procès retentissant pour viol collectif à Avignon, un des 51 condamnés a maintenu son appel, ravivant le débat sur le consentement et la responsabilité dans les agressions sexuelles. Husamettin…

Appel : le tribunal augmente la peine de prison du violeur de Pelicot

Publié le 9 octobre 2025 à 15h25. Après un procès retentissant pour viol collectif à Avignon, un des 51 condamnés a maintenu son appel, ravivant le débat sur le consentement et la responsabilité dans les agressions sexuelles.

  • Husamettin D. a été confirmé dans sa condamnation à neuf ans de prison.
  • Gisèle Pélicot, victime centrale de l’affaire, a témoigné avec force devant la cour, dénonçant le silence et la complicité.
  • L’affaire a relancé le débat sur la définition légale du viol en France, avec un projet de loi visant à clarifier la notion de consentement.

Husamettin D. est le seul des 51 individus reconnus coupables dans cette affaire exceptionnelle à avoir contesté le verdict initial. En décembre dernier, il avait été condamné à neuf ans de réclusion criminelle. Lors de l’audience, le procureur Dominique Sie avait requis une peine de douze ans, insistant sur l’absence de consentement de Gisèle Pélicot.

« Il est évident que Mme Pelicot n’a pas consenti »,

Dominique Sie, procureur de Nîmes

Le procureur a dénoncé une vision dépassée du consentement, où le silence de la victime est interprété comme une acceptation. « En 2025, on ne peut plus prétendre qu’elle a consenti parce qu’elle n’a rien dit », a-t-il déclaré, soulignant que cette interprétation relève d’une époque révolue.

La veille de ce jugement, Gisèle Pélicot avait confronté directement l’accusé. « À quel moment t’ai-je donné mon accord ? Jamais ! », a-t-elle lancé à l’homme de 44 ans, qui se présentait comme une victime de manipulation. « Maintenez vos actions et arrêtez de vous cacher derrière votre lâcheté », a-t-elle exigé avec fermeté.

Le tribunal a visionné des enregistrements vidéo réalisés par l’ex-mari de Mme Pélicot, montrant les faits. Des images difficiles à supporter, qui ont poussé certains spectateurs à détourner le regard. L’accusé a persisté dans son déni, affirmant que l’ex-mari de la victime prétendait que celle-ci simulait le sommeil et que l’ensemble relevait d’un jeu, sans violence.

L’affaire avait déjà abouti à des condamnations sévères en première instance. Les 50 autres coaccusés, âgés de 26 à 72 ans au moment des faits, avaient écopé de peines allant de deux ans de prison avec sursis pour agression sexuelle à quinze ans de réclusion pour viols multiples. L’ex-mari de Gisèle Pélicot, Dominique, avait lui été condamné à la peine maximale de 20 ans de prison pour avoir drogué et fait violer sa femme par des inconnus pendant près de dix ans.

Initialement, 17 des condamnés avaient envisagé de faire appel. Mais, un par un, ils ont renoncé, probablement par crainte de voir leurs peines alourdies. Seul Husamettin D. a maintenu sa contestation.

Le courage de Gisèle Pélicot et la médiatisation de ce procès ont fait d’elle une figure emblématique de la lutte pour les droits des femmes. Elle a insisté pour que les audiences se déroulent en public, « pour que la honte change de camp », selon ses propres termes. Devant le tribunal, elle a également rappelé avec force : « S’il vous plaît, ne parlez pas de scènes de sexe ! Ce sont des scènes de viol, c’est de la torture ! »

Mme Pélicot a tenu à ne pas être qualifiée d’« icône ». « Arrêtez de me traiter d’icône. Je suis une femme ordinaire qui s’est prononcée contre un procès à huis clos », a-t-elle déclaré. « Les victimes ne devraient jamais avoir honte de quelque chose qui leur a été imposé de force », a-t-elle ajouté. « Si j’ai donné de la force aux autres, c’est une bonne chose. »

En réponse à cette affaire, le Parlement français s’apprête à modifier la définition légale du viol. Le projet de loi en cours de discussion précise que le consentement aux rapports sexuels doit être « volontaire et conscient », et ne peut être déduit du silence ou de l’absence de réponse.

Gisèle Pélicot travaille actuellement avec la journaliste Judith Perrignon à la rédaction de ses mémoires, qui seront publiés dans plusieurs langues. La version allemande, traduite par Patricia Klobusiczky, paraîtra le 17 février 2026 sous le titre « Un hymne à la vie. La honte doit changer de camp ».

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.