Des décennies de politiques capitalistes et de technocratie ont creusé le déficit démocratique mondial, selon les rapports publiés par le Pew Research Center et la House of Commons Library. Alors que la confiance dans les institutions s’effondre, de jeunes militants continuent de manifester pour réclamer l’égalité et la justice malgré la répression.
La jeunesse et les rapports institutionnels sur le désengagement politique
Un rapport du Pew Research Center intitulé The Age of Indifference: A Study of Young Americans and How They View the News et publié le 28 juin 1990 montrait déjà un fossé générationnel marqué. Selon cette étude, les jeunes Américains montraient moins de connaissances politiques, s’intéressaient moins aux actualités, lisaient moins la presse, votaient moins et se montraient moins critiques envers leurs dirigeants que les générations précédentes.
Trente-six ans plus tard, le Royaume-Uni présente un tableau similaire. Une recherche publiée le 30 septembre 2026 par la House of Commons Library, intitulée Political Disengagement in the UK: Who Is Disengaged? et rédigée par Elise Uberoi et Neil Johnston, indique que les jeunes Britanniques s’avèrent moins enclins à s’inscrire sur les listes électorales, à voter ou à se présenter à des mandats électifs, tandis que certains groupes plus âgés affichent pour leur part des attitudes négatives envers la politique.
L’analyse de Bhabani Shankar Nayak sur la politique démocratique bourgeoise
Cette désaffection ne relève pas d’un hasard. Selon l’analyse de Bhabani Shankar Nayak, la politique démocratique bourgeoise s’est subordonnée aux impératifs du marché et n’a pas su répondre aux aspirations populaires.
Le fossé entre les promesses et la réalité des actes a provoqué un effondrement de la confiance envers l’État, les gouvernements et les partis politiques. Depuis cinq décennies, le capitalisme tente de dépolitiser les sociétés qu’il considère comme une menace pour sa propre survie. Cette stratégie s’appuie sur une intervention technocratique menée par des bureaucrates au service des classes dirigeantes et capitalistes. Les structures juridiques des États restreignent les mouvements démocratiques, criminalisent la dissidence et qualifient d’anti-nationaux les responsables de protestations.
Samuel Johnson et l’instrumentalisation historique du patriotisme
L’écrivain et moraliste anglais du XVIIIe siècle Samuel Johnson estimait que le patriotisme est le dernier refuge de la scélératesse
, une remarque consignée par son biographe James Boswell le 7 avril 1775 pour critiquer l’exploitation de la ferveur patriotique à des fins égoïstes.
Dans le monde contemporain, les forces de droite instrumentalisent le nationalisme et le patriotisme pour masquer l’exploitation capitaliste et réprimer la dissidence démocratique. Ces campagnes politiques marginalisent les critiques en les taxant d’anti-patriotisme. Le système capitaliste favorise ainsi une culture d’indifférence en transformant les individus en consommateurs atomisés et isolés, dont l’identité se résume à la possession de marchandises. L’isolement et la recherche du plaisir individuel finissent par détruire les fondements collectifs de la vie sociale.
Les étudiants et les jeunes dans la rue pour défendre leurs droits
Malgré les efforts de propagande pour dépolitiser la société, les étudiants et les jeunes continuent de descendre dans la rue pour défendre leurs droits. Des mouvements anti-coloniaux aux campagnes pacifistes contemporaines, les jeunes générations démontrent une capacité constante à contester l’injustice. Bien que ces mobilisations ne puissent être qualifiées d’universelles, elles témoignent d’un engagement profond en faveur de l’égalité et des libertés fondamentales.