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Applied Materials in Singapore and Japan’s new subsea cable approach

Le Japon cherche à renforcer sa position dans le réseau de câbles sous-marins en Asie pour répondre à la demande croissante générée par l'intelligence artificielle, selon Nikkei Asia. Ce secteur attire désormais des traders comme Sumitomo et des…

La stratégie japonaise face à l'explosion de l'IA

Le Japon cherche à renforcer sa position dans le réseau de câbles sous-marins en Asie pour répondre à la demande croissante générée par l’intelligence artificielle, selon Nikkei Asia. Ce secteur attire désormais des traders comme Sumitomo et des nouveaux acteurs des télécoms, alors que 99 % des données internationales transitent par ces infrastructures.

La stratégie japonaise face à l’explosion de l’IA

L’architecture du web mondial subit une mutation profonde. Sous l’impulsion de l’intelligence artificielle, les besoins en transfert de données massives redéfinissent les priorités infrastructurelles en Asie. Le Japon, conscient de cet enjeu, tente d’accroître son influence dans le déploiement des câbles sous-marins, un domaine où la domination technique et géographique dicte la souveraineté numérique.

Cette course à la capacité ne mobilise plus seulement les opérateurs de télécommunications traditionnels. On observe l’entrée en scène de profils atypiques : des sociétés de leasing et des traders, à l’image de Sumitomo, qui investissent désormais dans ce segment critique. Cette financialisation de l’infrastructure suggère que le câble sous-marin n’est plus perçu comme un simple outil technique, mais comme un actif stratégique à haute valeur ajoutée.

L’architecture physique et la logistique des fonds marins

Pour comprendre l’enjeu, il faut visualiser l’échelle du réseau. Selon Engadget, plus de 500 câbles sont actuellement en service à travers le globe. S’ils étaient alignés, ils couvriraient plus d’un million de milles, entourant la Terre à plusieurs reprises.

L'architecture physique et la logistique des fonds marins
Photo: Engadget

Malgré l’image d’une technologie immatérielle, la réalité est brutalement physique. Chaque câble a environ l’épaisseur d’un tuyau d’arrosage, protégeant des brins de fibre de verre pas plus épais qu’un cheveu humain. Des lasers y envoient des impulsions lumineuses codées des milliards de fois par seconde, tandis que des amplificateurs de signal sont disposés le long du parcours pour maintenir la puissance du flux.

Le déploiement de ces lignes est un processus d’une lenteur extrême. Après la phase de cartographie et de chargement sur des navires spécialisés — une étape qui peut durer un mois — la pose s’effectue à une vitesse moyenne de 6 miles par heure. Les équipages passent des mois en mer, interrompant parfois les opérations pour attendre que des conditions météorologiques improves avant de reprendre le soudage et la pose.

Les risques d’interruption et la fragilité du réseau

La dépendance mondiale envers ces fils de verre est quasi totale. Si les satellites comme Starlink gagnent en visibilité, ils ne représentent qu’une infime fraction du trafic total. La vulnérabilité du système est documentée par l’ONU, qui recense entre 150 et 200 incidents de câbles chaque année.

Sarawak premier hopes subsea cable project with Singapore can be a pilot for larger ASEAN power grid

Si la plupart des zones bénéficient de lignes redondantes pour pallier une panne, certaines régions isolées restent dangereusement dépendantes d’un lien unique. L’exemple le plus frappant reste celui de Tonga en 2022 : l’éruption d’un volcan a sectionné l’unique câble reliant l’archipel au reste du monde, plongeant le pays dans un silence numérique et téléphonique pendant plus d’un mois.

La complexité ne réside pas seulement dans la technique, mais aussi dans la bureaucratie internationale. Tomas Lamanauskas, secrétaire général adjoint de l’Union internationale des télécommunications (UIT), souligne les obstacles administratifs :

« Ce qui est souvent plus complexis, c’est d’obtenir tous les permis et licences requis, surtout lorsque plusieurs juridictions sont impliquées ou se chevauchent. »Tomas Lamanauskas, UIT via Engadget

L’héritage du TAT-8 et le cycle de renouvellement

L’industrie du câble sous-marin connaît également un cycle de recyclage. Récemment, le TAT-8 (Trans-Atlantic Telephone 8), le tout premier câble transatlantique à fibre optique, a été remonté après 38 ans d’existence. Ce câble était inutilisé depuis près d’un quart de siècle, illustrant l’obsolescence rapide des capacités de transmission face à l’explosion du volume de données.

L'héritage du TAT-8 et le cycle de renouvellement
Photo: Nikkei Asia

L’analyse de ces cycles montre une tension croissante. D’un côté, la nécessité de retirer des infrastructures obsolètes pour protéger l’environnement marin ; de l’autre, l’urgence de poser de nouvelles lignes pour supporter les besoins de calcul de l’IA. Le cas du Japon montre que la maîtrise de ce cycle — de la pose à la maintenance — devient un levier de puissance économique.

L’arrivée de nouveaux acteurs financiers dans le secteur suggère que nous entrons dans une ère de « capitalisme des câbles ». Le contrôle du flux de données n’est plus seulement une question de connectivité, mais une question de contrôle des flux de valeur. Pour le Japon, s’imposer comme le pivot des câbles asiatiques, c’est s’assurer que le trafic de l’IA ne contournera pas son territoire, mais y transitera, renforçant ainsi sa position dans la chaîne de valeur technologique mondiale.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.