Publié le 28 octobre 2025 06:32:00. Des études récentes mettent en lumière l’efficacité des programmes de réduction des risques, notamment les services de distribution de seringues (SSP), pour améliorer l’accès au traitement et les taux de guérison de l’hépatite C (VHC) chez les personnes qui s’injectent des drogues. Ces initiatives se révèlent cruciales pour atteindre les objectifs d’élimination du VHC, en particulier auprès des populations les plus marginalisées.
- Les programmes intégrant le traitement du VHC aux SSP améliorent significativement l’initiation et la réussite du traitement par rapport aux approches traditionnelles.
- Les taux de guérison observés dans ces programmes varient de 54 % à 94 %, selon les études.
- L’approbation récente d’un test rapide de l’ARN du VHC pourrait permettre une stratégie de « test et traitement » le jour même.
Les personnes qui s’injectent des drogues (CDI) expriment souvent une préférence pour des lieux de soins sécurisés et facilement accessibles. Or, l’approche clinique standard pour le traitement du VHC, basée sur l’orientation vers des spécialistes (gastro-entérologues, infectiologues, médecins généralistes formés au VHC) en milieu hospitalier, ne répond pas toujours aux besoins de cette population. Les taux d’initiation du traitement contre le VHC chez les CDI se situent entre 5,5 % et 26 %, avec des taux de guérison encore plus faibles, selon diverses études.
Les obstacles rencontrés par les CDI incluent les difficultés de planification et de transport, ainsi que le manque d’expérience de certains professionnels de santé dans la prise en charge des personnes souffrant de troubles liés à l’usage de substances. C’est dans ce contexte que l’intégration du traitement du VHC aux programmes de services de seringues (SSP) apparaît comme une solution prometteuse. De nombreux programmes à l’étranger ont déjà démontré le succès de cette approche. Aux États-Unis, bien que moins nombreux, les modèles intégrés de soins du VHC avec les SSP ont également montré des résultats positifs.
Une revue de la littérature scientifique, menée conformément aux directives PRISMA (Preferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta-Analyses), a analysé 13 articles (essais contrôlés randomisés, études observationnelles, analyses de cohorte et études qualitatives) portant sur les approches d’intégration du traitement du VHC dans les SSP américains. Les résultats indiquent une amélioration significative de l’initiation et de la guérison du traitement par rapport à une orientation classique vers des spécialistes.
Tous les programmes étudiés prévoient un prélèvement sanguin pour les analyses de laboratoire préalables au traitement et exigent un résultat positif à l’ARN du VHC avant de commencer la thérapie. Les taux de guérison (SVR12, c’est-à-dire la disparition du virus 12 semaines après la fin du traitement) varient de 54 % à 94 % chez les personnes inscrites, ayant commencé le traitement et/ou ayant effectué les analyses de confirmation SVR12, en fonction des études.
Ces résultats soulignent le rôle essentiel des SSP, qui bénéficient de la confiance des CDI et constituent des partenaires de santé publique indispensables pour atteindre les objectifs d’élimination du VHC. Les SSP sont particulièrement importants pour toucher une population hautement marginalisée.
Plusieurs programmes visent à initier le traitement dès la deuxième visite ou dans les deux semaines suivant le dépistage. Une stratégie particulièrement efficace consiste à fournir un « kit de démarrage » de 7 jours dès le jour du dépistage, comme l’ont démontré Eckhardt et al. De plus, l’approbation récente par la FDA en 2024 d’un test rapide de l’ARN du VHC, fournissant des résultats en environ une heure, pourrait permettre de proposer une stratégie de « test et traitement » le jour même, accélérant ainsi l’accès aux soins.
Pour aller plus loin
