Mis à jour le samedi 6 décembre à 18h03. La nouvelle stratégie de sécurité nationale américaine alerte sur un risque d’« auto-anéantissement civilisationnel » en Europe, pointant du doigt les politiques migratoires et le déclin démographique, suscitant des réactions en Norvège et au sein de l’Union européenne.
- Le ministre norvégien des Affaires étrangères, Espen Barth Eide, estime que cette analyse ne reflète pas la réalité européenne.
- La stratégie américaine critique une supposée perte d’identité nationale et de confiance en soi sur le continent.
- Elle suggère également que l’Europe devrait « corriger sa trajectoire » et que les États-Unis devraient soutenir les forces politiques qui remettent en question le consensus actuel.
La nouvelle stratégie de sécurité nationale des États-Unis, publiée jeudi et officiellement adoptée vendredi, a suscité de vives réactions en Europe. Elle met en garde contre un danger d’« anéantissement de la civilisation » sur le continent, imputant ce risque à une combinaison de facteurs, notamment les politiques d’immigration, la baisse du taux de natalité et une supposée « perte de l’identité nationale et de la confiance en soi ».
Le ministre norvégien des Affaires étrangères, Espen Barth Eide (Ap), a exprimé son désaccord face à cette analyse. Il a déclaré que cette vision ne correspond pas à la perception que les Européens ont d’eux-mêmes.
« Ce qui est le plus surprenant pour les Européens, c’est qu’ils croient que l’Europe est en train de s’auto-anéantir culturellement. Ils critiquent l’immigration et n’ont pas lâché prise sur l’extrême droite »,
Espen Barth Eide, ministre norvégien des Affaires étrangères
M. Eide s’est exprimé par téléphone depuis Doha, au Qatar, où il participe au Forum de Doha, un événement auquel participe également Donald Trump Jr., fils de l’ancien président américain Donald Trump.
La stratégie américaine souligne également que l’Europe représente une part décroissante du produit intérieur brut (PIB) mondial et dénonce une censure de la liberté d’expression et une répression de l’opposition politique, accusant l’Union européenne d’en être la principale responsable. Selon le document, si les tendances actuelles se maintiennent, le continent serait méconnaissable dans moins de vingt ans.
La stratégie américaine appelle à une plus grande implication dans l’hémisphère occidental (Amérique du Nord et du Sud) et suggère une réduction de la présence américaine en Europe. Elle affirme que les États-Unis devraient « aider l’Europe à corriger sa trajectoire actuelle » et « cultiver l’opposition à la trajectoire actuelle de l’Europe », en soutenant les partis politiques qui remettent en question le consensus en place.
M. Eide a qualifié cette approche de « régime puissant », soulignant que cette vision ne correspond pas à celle de la Norvège et de ses partenaires européens. Il a également fait un parallèle avec des propos similaires tenus par le vice-président américain JD Vance lors de la conférence sur la sécurité de Munich en février dernier.
Malgré ces divergences, le ministre norvégien a insisté sur l’importance de maintenir une communauté de sécurité avec les États-Unis, notamment dans le contexte de la coopération en Arctique et de la nécessité pour l’Europe d’assumer une plus grande part du fardeau de sa propre défense. Il a également souligné l’intérêt pour l’Europe de renforcer sa coopération afin de réduire sa dépendance à l’égard des États-Unis.
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