Home Santéaprès la souche H5N1, le H5N5 infecte également l’homme

après la souche H5N1, le H5N5 infecte également l’homme

by Sophie Martin

Publié le 2025-12-06 15:29:00. Les États-Unis ont enregistré le premier cas humain au monde d’infection par le virus de la grippe aviaire A(H5N5), un développement inquiétant qui suscite une vigilance accrue des autorités sanitaires internationales face à la menace d’une nouvelle pandémie.

  • Le premier cas humain de grippe aviaire A(H5N5) a été confirmé chez un adulte de l’État de Washington, aux États-Unis.
  • L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) évalue le risque pour la population générale comme faible, mais modéré pour les personnes exposées professionnellement aux oiseaux ou aux animaux.
  • Les experts soulignent l’importance de la surveillance mondiale et de la biosécurité pour prévenir la transmission interhumaine du virus.

Un homme souffrant de problèmes de santé préexistants, résidant dans l’État de Washington, est décédé le 21 novembre après avoir été hospitalisé début novembre pour une infection respiratoire grave. Les analyses ont confirmé qu’il était porteur du virus A(H5N5), une souche de la grippe aviaire jusqu’alors non détectée chez l’homme. Le patient avait des volailles de basse-cour et des oiseaux domestiques, ce qui a orienté les investigations épidémiologiques vers une exposition directe aux animaux.

Ce cas représente une nouvelle étape dans l’évolution de l’écosystème mondial de la grippe, alors que des virus H5 hautement pathogènes circulent de manière intensive chez les oiseaux sauvages, la volaille et, plus récemment, les mammifères. L’année dernière, une inquiétude similaire avait été soulevée par la propagation du virus H5N1, notamment après des infections détectées dans des élevages bovins aux États-Unis, qui ont ensuite contaminé des travailleurs. La situation actuelle souligne la capacité du virus à muter et à franchir les barrières d’espèces.

À ce jour, les tests effectués sur les contacts étroits du patient décédé se sont révélés négatifs, et aucune preuve de transmission interhumaine n’a été établie. L’OMS maintient donc une évaluation du risque faible pour la population générale, mais insiste sur la nécessité d’une vigilance accrue pour les personnes exposées professionnellement, telles que les éleveurs, les vétérinaires et les personnels de laboratoire. L’agence réitère l’importance d’une surveillance mondiale pour détecter et surveiller les changements virologiques, épidémiologiques et cliniques des virus grippaux émergents, ainsi que le partage rapide des données et des échantillons viraux.

Plusieurs experts ont récemment tiré la sonnette d’alarme. « L’hypothèse d’une prochaine pandémie fait partie de l’histoire de l’humanité, nous ne savons pas quoi ni quand. La grippe aviaire est préoccupante, car on trouve autant de virus chez les oiseaux et la volaille sauvage. On l’a ensuite vu aux États-Unis, avec le virus sautant chez les vaches, ce qui n’est pas une bonne chose », a observé Massimo Ciccozzi, épidémiologiste. Il a ajouté qu’il est crucial d’empêcher le virus d’infecter davantage d’animaux, car chaque mutation augmente le risque d’un saut vers l’homme et d’une transmission interhumaine, avec un taux de létalité potentiellement élevé.

Matteo Bassetti, directeur des maladies infectieuses de la polyclinique San Martino de Gênes, a commenté les recommandations du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). « L’alerte de l’ECDC sur la grippe aviaire n’a rien de nouveau, nous l’attendions largement. Le monde scientifique ne doute pas que la grippe aviaire sera la prochaine pandémie, c’est juste une question de temps. Le fait que les oiseaux soient si « chargés » de H5N1 montre que le virus se rapproche de plus en plus de nous. »

L’ECDC a souligné que, bien que le risque actuel pour la population européenne soit faible, la grippe aviaire représente toujours une menace sérieuse pour la santé publique en raison des épidémies généralisées chez les animaux. L’agence insiste sur la nécessité d’une surveillance accrue et de mesures de santé publique coordonnées et efficaces. Entre le 6 septembre et le 14 novembre 2025, l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) a enregistré 1 443 cas de grippe aviaire hautement pathogène A(H5) chez des oiseaux sauvages dans 26 pays européens, soit quatre fois plus qu’en 2024 et le nombre le plus élevé depuis au moins 2016.

En réponse à cette situation, l’Italie a récemment approuvé un nouveau plan national de lutte contre la grippe aviaire, axé sur le renforcement de la biosécurité, la limitation de l’accès aux exploitations agricoles, l’amélioration des systèmes de barrières physiques contre la faune sauvage et le suivi des habitats à risque. Une attention particulière sera portée aux régions de Vénétie, Lombardie et Émilie-Romagne, où la densité d’oiseaux est la plus élevée.

Le plan prévoit également des mesures de gestion du bétail, ainsi qu’une campagne de vaccination des animaux (dindes et poules pondeuses). Pour la première fois en Italie, l’introduction d’une vaccination systématique contre la grippe aviaire hautement pathogène est prévue chez les espèces les plus sensibles et à fort impact économique. Le lancement est attendu d’ici la fin du printemps 2026, après la conclusion des études techniques sur le choix des vaccins, les délais d’administration et les protocoles de surveillance post-vaccination pour distinguer les animaux infectés des animaux immunisés (test DIVA — Differentiating Infected from Vaccinated Animals). L’objectif de la vaccination est de protéger les animaux, de limiter la charge virale environnementale et de réduire le risque de propagation aux humains.

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