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Arrêter de fumer, même tardivement, implique un risque moindre de démence

by Sophie Martin

Publié le 14 octobre 2025 22:41:00. Arrêter de fumer, même tard dans la vie, est associé à un ralentissement du déclin cognitif et à une réduction du risque de démence, selon une vaste étude internationale. Les bénéfices s’observent dès l’arrêt, avec des améliorations notables de la mémoire et des capacités verbales.

  • L’étude démontre que l’arrêt du tabac après 40 ans est lié à un déclin cognitif plus lent.
  • Les anciens fumeurs présentent une meilleure fluidité verbale et une meilleure mémoire que les fumeurs actifs.
  • Ces résultats renforcent l’idée que l’arrêt du tabac est une stratégie de prévention de la démence.

Fumer est depuis longtemps reconnu comme un facteur de risque pour la santé cérébrale. Les chercheurs savent que le tabac affecte la santé cardiovasculaire, endommageant les vaisseaux sanguins qui irriguent le cerveau en oxygène. Il provoque également une inflammation chronique et un stress oxydatif, des processus qui détruisent les neurones et contribuent au déclin cognitif.

Des études antérieures avaient déjà mis en évidence une amélioration de la fonction cérébrale à court terme après l’arrêt du tabac. Cependant, il restait à déterminer si ces bénéfices persistaient à long terme, en particulier chez les personnes qui arrêtaient de fumer plus tard dans leur vie. Pour répondre à cette question, une équipe de l’University College London (UCL) a analysé les données de trois études en cours, impliquant près de 9 500 participants issus de 12 pays : l’Espagne, l’Autriche, l’Allemagne, la Suède, les Pays-Bas, l’Italie, la France, le Danemark, la Suisse, la Belgique, les États-Unis et le Royaume-Uni.

Les participants ont été suivis pendant plusieurs années, avec des évaluations cognitives réalisées tous les deux ans. Les chercheurs ont comparé les trajectoires cognitives de plus de 4 700 anciens fumeurs à celles d’un groupe similaire de fumeurs actifs, tous âgés de plus de 40 ans (avec un âge moyen de 58 ans). Les deux groupes ont été appariés en fonction de leurs scores cognitifs initiaux, de leur âge, de leur sexe, de leur niveau d’éducation et de leur pays d’origine.

L’analyse a révélé que, pendant les six années précédant l’arrêt du tabac, les scores cognitifs des deux groupes diminuaient à un rythme similaire. Cependant, après l’arrêt, les trajectoires ont divergé. Les anciens fumeurs ont présenté une diminution de la fluidité verbale inférieure de 50 % à celle des fumeurs actifs, et une perte de mémoire réduite de 20 %. Ces résultats ont été observés de manière cohérente dans tous les pays participants à l’étude.

En d’autres termes, les personnes qui ont arrêté de fumer ont présenté l’équivalent de trois à quatre mois de perte de mémoire en moins par année de vieillissement, et six mois d’amélioration de leur aisance verbale, par rapport à celles qui ont continué à fumer.

« Nous savions déjà qu’arrêter de fumer, même à un âge avancé, apportait des améliorations en matière de santé physique et de bien-être. Avec cette étude, nous voyons que cela contribue également à maintenir une meilleure santé cognitive à long terme, il n’est donc jamais trop tard pour arrêter »

Mikaela Bloomberg, chercheuse à l’Institut d’épidémiologie et de santé de l’UCL

Les auteurs de l’étude soulignent qu’il s’agit d’une étude observationnelle, mais qu’elle corrobore les résultats d’autres recherches montrant que les personnes ayant arrêté de fumer dans leur jeunesse ou à un âge moyen présentent des scores cognitifs similaires à ceux des personnes n’ayant jamais fumé.

« Un déclin cognitif plus lent est associé à un risque plus faible de démence », explique Andrew Steptoe, épidémiologiste à l’UCL. « Ces résultats renforcent donc l’idée que l’arrêt du tabac est une stratégie préventive pour cette maladie. »

Andrew Steptoe, épidémiologiste à l’UCL

Ces découvertes soulignent l’importance de promouvoir l’arrêt du tabac à tous les âges, non seulement pour la santé physique, mais aussi pour la préservation des fonctions cognitives.

En savoir plus sur l’étude de l’UCL.

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