L’artiste galloise Diana Williams a créé une robe de baptême vintage brodée des noms de 300 nourrissons tués à Gaza pour dénoncer l’ampleur des pertes civiles.
Pour Diana Williams, ancienne maître de conférences en art, la robe de baptême est le symbole absolu de la pureté et de l’innocence. En choisissant ce vêtement comme support, l’artiste a voulu transformer un objet de célébration et de vie en un mémorial pour les victimes les plus jeunes du conflit à Gaza.
Une robe de baptême comme canevas du chaos
L’œuvre s’appuie sur un contraste matériel violent. Williams a utilisé un fil rouge pour broder les noms de 300 nourrissons, dont ceux de Sara, Elias, Mai et Mona, tous âgés de moins d’un an. Afin de refléter la réalité des conditions de vie dans la région, l’artiste a volontairement dégradé le bas du vêtement en le trempant dans un produit de nettoyage corrosif pour en effilocher les fibres.

Le titre de la pièce, Know Their Names
(Connaissez leurs noms), fait directement référence à une série de bases de données interactives compilées par Al Jazeera, visant à identifier et nommer les dizaines de milliers de victimes des attaques israéliennes. Cette démarche s’inscrit dans une volonté de rendre compte de l’énormité des pertes humaines, alors que les rapports indiquent que plus de 20 000 enfants ont été tués à Gaza depuis la fin de l’année 2023.
Reconnaissance à la Galeri Caernarfon et engagement humanitaire
L’œuvre a depuis été exposée dans plusieurs lieux au Pays de Galles et a été présélectionnée pour être présentée au National Eisteddfod, le festival culturel annuel majeur de la région. Cette reconnaissance institutionnelle et populaire souligne la réception d’un art engagé qui transforme le deuil individuel en un acte politique.
La détresse des minorités chrétiennes comme déclencheur
Le choix spécifique de la robe de baptême n’est pas fortuit. Diana Williams a expliqué avoir été particulièrement touchée par le sort de la minorité chrétienne à Gaza. Elle a rapporté avoir lu des témoignages de parents précipitant le baptême de leurs bébés, poussés par la peur imminente de leur mort.
Mère de trois enfants et grand-mère de deux petits-enfants, l’artiste a exprimé son incompréhension face à l’inaction des dirigeants mondiaux. Elle a critiqué le manque d’empathie des responsables politiques, notant que beaucoup sont eux-mêmes parents, tout en affirmant que c’est l’individu moyen qui manifeste aujourd’hui la plus grande compassion.
Expansion internationale : de Paris à New York
L’exposition de Know Their Names
s’apprête à franchir les frontières galloises. Selon les informations rapportées, la robe vide, portant les noms des plus petites victimes de la guerre, sera exposée prochainement à Paris. L’œuvre fera également l’objet d’une visibilité massive aux États-Unis, où elle apparaîtra sur un panneau publicitaire à New York.
Par cette mise en scène de l’absence, Williams souhaite que le vide laissé par le vêtement et la répétition des noms forcent un débat plus large sur la réalité du conflit et la perte irréparable de milliers d’enfants.
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