Publié le 27 septembre 2025 à 05h26. Lors de son discours devant l’Assemblée générale de l’ONU, le président américain Donald Trump a vivement critiqué les faiblesses de l’organisation et a exposé des positions divergentes sur des enjeux mondiaux majeurs, suscitant des réactions contrastées et un départ de la délégation américaine suite à une intervention du président vénézuélien.
- Le président Trump a dénoncé les dysfonctionnements de l’ONU et a exprimé des opinions tranchées sur le changement climatique et les énergies fossiles.
- Le discours du président vénézuélien, Nicolás Maduro, a provoqué le départ de la délégation américaine de la salle.
- L’ONU, après 80 ans d’existence, est confrontée à la nécessité d’une profonde introspection et d’une réforme de ses structures.
L’Assemblée générale des Nations Unies a été le théâtre d’instants marquants de l’histoire diplomatique. En 1960, Nikita Khrouchtchev, alors Premier ministre soviétique, avait interrompu son discours en retirant sa chaussure pour frapper le bureau devant lui. En 1974, Yasser Arafat, dirigeant palestinien, s’était présenté à l’Assemblée avec une arme. Plus récemment, en 2006, le président George W. Bush avait qualifié la tribune de « soufre » après une intervention qu’il jugeait diabolique.
Mardi 23 septembre, c’est au tour du président Donald Trump de secouer l’Assemblée générale. Sans détour, il a critiqué les lacunes de l’organisation et a défendu des positions qui s’éloignent du consensus international, notamment en matière de changement climatique, de combustibles fossiles et d’énergie verte. Il a également exhorté les autres dirigeants à envisager des changements, suggérant qu’ils devraient l’écouter attentivement s’ils ne voulaient pas « succomber ».
Si l’ONU a incontestablement accumulé des succès dans des domaines tels que la paix, la santé et la culture au cours de ses 80 années d’existence, elle souffre également de problèmes structurels. La mort de Dag Hammarskjöld, deuxième Secrétaire général de l’ONU, dans un accident d’avion en 1961 alors qu’il s’efforçait de résoudre le conflit au Congo, rappelle les sacrifices consentis pour maintenir la paix. Les missions de maintien de la paix, les « Casques bleus », ont été déployées avec succès dans de nombreuses régions du monde, notamment en Palestine (1948), au Cachemire (1993), en Somalie (1993), au Kosovo (2000) et en Haïti (2004). Le patrimoine mondial, incluant des sites comme les installations de l’Université centrale du Venezuela, témoigne également de l’action de l’ONU.
Cependant, l’ONU est de plus en plus perçue comme une bureaucratie lourde et inefficace. Le droit de veto au Conseil de sécurité, détenu par cinq pays, est souvent paralysant et ne reflète pas l’avis de la majorité des 196 États membres de l’Assemblée générale. L’utilité de certains organismes, comme l’UNESCO, est également remise en question.
Le président Trump a également abordé la question de l’immigration, affirmant que les personnes arrivées dans son pays ces dernières années étaient souvent des criminels ou des malades mentaux.
La crise actuelle dans les Caraïbes a également été évoquée, le président Trump se concentrant sur la lutte contre le trafic de drogue et justifiant l’usage de la force contre les navires suspectés de transporter des stupéfiants. La découverte de paquets de drogue près de la République dominicaine, à proximité de l’épave d’un bateau coulé, confirme, selon lui, qu’il ne s’agissait pas de simples pêcheurs.
En conclusion, il serait souhaitable que l’ONU, une fois les tensions retombées, entreprenne une profonde introspection et une évaluation de ses structures afin de retrouver la mission pour laquelle elle a été créée.
Maduro : L’intervention du président vénézuélien a été jugée inacceptable. De sa tenue vestimentaire (guayabera et chaussures en caoutchouc) à son attitude et à ses propos élogieux envers les États-Unis et son chef d’État, tout a conduit la délégation américaine à quitter la salle en signe de protestation contre un discours perçu comme une campagne politique locale dénuée de pertinence dans un forum mondial.
Bien que d’autres dignitaires aient pu assister à cette scène, nous avons préféré attendre que les émotions se soient apaisées pour partager nos premières impressions.
