Publié le 8 janvier 2024 16:28:00. Une figure montante du Parti socialiste bulgare (BSP) réclame la démission de son président, Atanas Zafirov, après les récentes démissions de la direction du parti et face à un risque de perte de représentation parlementaire lors des prochaines élections.
- Svetlana Sharenkova, membre du Conseil national du BSP, estime qu’il est inacceptable que la direction du parti démissionne sans que le président ne prenne ses responsabilités.
- La jeunesse du parti exige la convocation d’un congrès d’urgence pour élire une nouvelle direction, estimant que le BSP s’éloigne de ses valeurs fondamentales.
- Les erreurs stratégiques du BSP, notamment sa coalition avec le GERB et ses relations avec la présidence, sont pointées du doigt comme causes de son déclin électoral.
La crise au sein du Parti socialiste bulgare (BSP) s’intensifie. Svetlana Sharenkova, membre influente du Conseil national, a publiquement demandé la démission d’Atanas Zafirov, le président du parti, lors de l’émission “Face to Face” sur bTV. Elle juge incohérent que l’ensemble de la direction du BSP ait présenté sa démission suite à la chute du gouvernement de Nikolai Jelyazkov, alors que le président reste en poste.
« Il n’est pas logique que l’ensemble de la direction parte et que le dirigeant reste. »
Svetlana Sharenkova, membre du Conseil national du BSP
Cette demande intervient après une vague de démissions au sein de la direction du BSP, à l’exception de son président. L’Union de la jeunesse du parti a d’ores et déjà lancé un ultimatum de 100 jours, exigeant la convocation d’un congrès extraordinaire et l’élection d’une nouvelle équipe dirigeante. Sharenkova a souligné que la position de la jeunesse n’est pas isolée, mais reflète un sentiment plus large au sein du parti.
Selon elle, l’organisation d’un congrès avant les prochaines élections anticipées est cruciale. De nombreuses organisations locales partagent cette opinion, craignant que sans un changement de cap et de direction, le BSP ne soit pas en mesure de franchir le seuil électoral et de conserver sa représentation au parlement. Sharenkova a reconnu que la participation du BSP au gouvernement précédent a impliqué des compromis difficiles, dictés par la volonté de maintenir la stabilité et d’éviter de nouvelles élections.
Cependant, elle estime que le parti a finalement perdu plus qu’il n’a gagné en s’alliant avec son adversaire historique, le GERB. Cette coalition n’a pas permis la mise en œuvre des politiques clés du BSP, telles que l’introduction d’un impôt progressif sur le revenu et l’adoption d’une politique étrangère plus modérée. Sharenkova a également critiqué les erreurs commises dans les relations du parti avec la présidence et l’institution présidentielle, les considérant comme un facteur majeur de l’effondrement électoral du BSP.
Bien qu’elle n’exclue pas la possibilité que les démissions soient refusées, Sharenkova a indiqué que des organisations locales préparent déjà des déclarations exigeant un congrès et un changement de direction avant les élections. Elle a par ailleurs rejeté l’idée que le BSP soit devenu un simple “appendice” d’autres formations politiques, tout en admettant qu’il existe des raisons de nourrir de telles critiques. Les décisions prises par la direction du parti au cours de l’année écoulée ont, selon elle, créé un sentiment d’influence extérieure et de déviation par rapport aux valeurs fondamentales du BSP.
Concernant le président Roumen Radev, Sharenkova a fermement nié qu’il soit un opposant au BSP, rappelant qu’il a été nommé et soutenu par le parti. Elle a souligné que les conflits avec la présidence ont contribué à la débâcle électorale du BSP.
« Le président et le vice-président ont été nommés et soutenus par le BSP. Les conflits avec l’institution présidentielle sont parmi les raisons de l’effondrement électoral du parti. »
Svetlana Sharenkova, membre du Conseil national du BSP
Elle a exprimé sa conviction que même si le président Radev décidait de créer un nouveau projet politique, il resterait un partenaire du BSP.
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