Une nouvelle approche thérapeutique numérique pour le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) chez l’enfant sera disponible en France dès février 2026. Cette annonce intervient alors que des études mettent en évidence un lien possible entre l’utilisation croissante des réseaux sociaux et l’aggravation des symptômes du TDAH chez les jeunes.
Le ministère de la Santé et du Bien-être social a annoncé, le 13 novembre dernier, l’autorisation de prescription d’appareils de traitement numériques pour les enfants de 6 à 13 ans diagnostiqués avec un TDAH, soit une forme prédominante d’inattention, soit une forme combinée. Cette décision s’inscrit dans une volonté d’élargir les options thérapeutiques et de renforcer la sécurité des patients, en s’appuyant sur les avancées de la technologie médicale.
Ces dispositifs, enregistrés comme des technologies médicales innovantes, proposent un entraînement cognitif multitâche via une application mobile. Prescrite par un pédiatre ou un psychiatre, l’application offre une formation personnalisée, axée sur le renforcement de la mémoire de travail, le contrôle des impulsions et le maintien de l’attention. Les patients pourront effectuer jusqu’à cinq séances d’entraînement par jour pendant quatre semaines.
Bien que présentée sous forme de jeu, cette thérapie repose sur un algorithme d’entraînement cognitif sophistiqué. Le gouvernement français a validé la sécurité et l’efficacité potentielle de cette technologie, autorisant son utilisation clinique dans les établissements de santé pour une période d’environ trois ans, du 1er février 2026 au 31 janvier 2029. Cette nouvelle approche pourrait offrir une alternative intéressante aux traitements médicamenteux, tant pour les enfants que pour leurs familles.
L’intérêt pour ces thérapies numériques coïncide avec une préoccupation croissante concernant l’impact des écrans sur le développement de l’attention chez les enfants. Une étude menée par des chercheurs du Karolinska Institutet en Suède et de l’Université de la santé et des sciences de l’Oregon aux États-Unis, et dont les résultats seront publiés dans la revue Pediatrics Open Science, a révélé une corrélation statistique entre l’utilisation des réseaux sociaux et une diminution de la capacité d’attention chez les enfants.
L’étude, portant sur près de 8 300 enfants américains, a montré que les participants passaient en moyenne 2,3 heures par jour devant la télévision et les vidéos en ligne, 1,4 heure sur les réseaux sociaux et 1,5 heure à jouer à des jeux vidéo. Si aucun lien clair n’a été établi entre les jeux vidéo ou le visionnage de vidéos et les symptômes du TDAH, l’utilisation des réseaux sociaux a été associée à une augmentation des troubles de l’attention au fil du temps.
Les chercheurs expliquent que les notifications constantes et la stimulation continue propres aux réseaux sociaux pourraient perturber la capacité à maintenir sa concentration. « Le simple fait de se demander si un message a été reçu peut provoquer une distraction mentale », explique le professeur Thorkel Klingberg du Karolinska Institutet.
Aux États-Unis, le pourcentage d’enfants diagnostiqués avec un TDAH est passé de 9,5 % entre 2003 et 2007 à 11,3 % entre 2020 et 2022. Les chercheurs soulignent que les enfants sont de plus en plus exposés aux réseaux sociaux avant l’âge de 13 ans, et que la durée d’utilisation augmente rapidement avec l’âge, ce qui appelle à une réglementation plus stricte de l’accès à ces plateformes. L’Australie a récemment pris les devants en interdisant totalement l’utilisation des réseaux sociaux aux moins de 16 ans.
Par ailleurs, le ministère de la Santé et du Bien-être social a également validé une nouvelle technologie médicale : le « Surveillance de l’indice de forme d’onde de la douleur chirurgicale (SPI) ». Ce dispositif permet de surveiller quantitativement la douleur des patients sous anesthésie générale en analysant les variations de leur pouls grâce à un capteur digital. Il fournit une évaluation numérique de la douleur, avec une précision comparable, voire supérieure, aux méthodes existantes.
Les experts insistent sur la nécessité d’une réflexion globale sur l’impact de l’environnement numérique sur le développement cérébral et l’attention des enfants, et soulignent l’importance de mener des discussions sociétales et de mettre en place des réponses institutionnelles adaptées, en parallèle du développement de nouvelles technologies thérapeutiques.
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