Une variante homozygote du gène PYROXD1 a été identifiée chez une patiente tunisienne de 45 ans présentant une myopathie des ceintures à début adulte. Cette découverte clinique et moléculaire, documentée par des examens cliniques et génomiques, élargit le spectre phénotypique des myopathies liées à ce gène historiquement associé aux formes infantiles.
La découverte clinique concernant une patiente tunisienne de 45 ans modifie la compréhension médicale des atteintes liées au gène PYROXD1. Alors que les mutations de ce gène étaient traditionnellement associées à des myopathies myofibrillaires congénitales sévères survenant dès la petite enfance — caractérisées par une hypotonie généralisée et une insuffisance respiratoire précoce —, cette nouvelle observation documentée met en lumière un phénotype d’apparition tardive. Les manifestations cliniques ont ensuite progressé pour inclure des difficultés à se relever de la position assise et à monter les escaliers vers l’âge de 35 ans, puis une dyspnée d’effort, une dysphagie et des troubles respiratoires du sommeil à l’âge de 45 ans.
Variante homozygote et confirmation moléculaire par séquençage clinique
L’enquête génétique menée sur la patiente et sa famille a permis d’apporter des précisions diagnostiques majeures. Le séquençage clinique exomique a confirmé la présence d’une mutation homozygote pathogène dans le gène PYROXD1, précisément identifiée sous la référence c.464A>G (p. Asn155Ser). Les examens de ségrégation familiale ont démontré que les deux parents étaient des porteurs hétérogènes asymptomatiques.

Sur le plan électrophysiologique et biologique, les examens ont mis en évidence des particularités qui expliquent pourquoi le diagnostic de telles formes atypiques peut parfois être retardé. Les études électrodiagnostiques de la patiente ont montré une conduction nerveuse normale et une myopathie non irritable. De plus, son taux de créatine kinase sérique était entièrement normal, et l’exploration fonctionnelle respiratoire a mis en évidence un défaut ventilatoire restrictif associé à un syndrome d’apnées obstructives du sommeil léger objectivé par polysomnographie.
Expansion du spectre clinique et contexte régional en Afrique du Nord
Cette observation documentée représente la première famille confirmée au plan moléculaire en Tunisie et en Afrique du Nord présentant une dystrophie musculaire des ceintures (LGMD) liée à une anomalie de PYROXD1. La littérature médicale recense par ailleurs un seul cas non apparenté porteur de la même variante dans la même région, faisant de cette observation la seconde famille identifiée sur l’ensemble du continent africain. Cette rareté souligne l’intérêt d’une vigilance diagnostique accrue face à des myopathies d’apparition tardive.
Implications physiopathologiques et rôle du gène PYROXD1
Le gène PYROXD1 code pour une oxydoréductase à domaine pyridine nucléotide-disulfure, une protéine localisée dans le noyau cellulaire qui joue un rôle déterminant dans la gestion du stress oxydatif et le maintien de l’intégrité myofibrillaire. Les mutations bialléliques de ce gène entraînent habituellement une myopathie congénitale rare caractérisée par des anomalies de la structure myofibrillaire, telles que des inclusions et des minicores musculaires.
Les données cliniques émergentes démontrent toutefois que les manifestations pathologiques peuvent s’étendre au-delà du cadre strictement infantile. L’atteinte respiratoire, comprenant une restriction ventilatoire, est désormais reconnue comme un élément constitutif possible de la pathologie liée à PYROXD1, même dans les formes à début tardif qui ne s’accompagnent pas d’une hypotonie néonatale. Le recours à des panels de génomique clinique s’avère dès lors déterminant pour identifier ces présentations atypiques et guider la prise en charge des patients.