Publié le 24 septembre 2025. Une vaste étude internationale confirme que la prise de paracétamol pendant la grossesse n’est pas associée à un risque accru d’autisme, de trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) ou de déficience intellectuelle, mettant ainsi fin à une controverse lancée par des déclarations récentes.
- Une étude publiée dans The Lancet Obstetrics, Gynecology and Women’s Health ne trouve aucun lien entre l’utilisation du paracétamol pendant la grossesse et ces troubles neurodéveloppementaux.
- Les conclusions contredisent les affirmations de l’ancien président américain Donald Trump, qui avait suggéré un lien entre le paracétamol et l’autisme.
- Les experts et les autorités sanitaires irlandaises réaffirment que le paracétamol reste un traitement sûr et recommandé pour soulager la douleur et la fièvre pendant la grossesse.
Les inquiétudes concernant un possible lien entre le paracétamol et les troubles neurodéveloppementaux ont été ravivées en septembre dernier lorsque Donald Trump a évoqué une « augmentation fulgurante » des cas d’autisme, pointant du doigt le Tylenol – nom commercial du paracétamol dans certains pays. Il avait même suggéré aux femmes enceintes de « supporter la douleur », alimentant une polémique rapidement critiquée par les associations de défense des personnes autistes et la communauté scientifique.
Pour répondre à ces préoccupations, une équipe internationale de chercheurs a mené une revue exhaustive des études existantes, analysant les données de 43 études incluses dans une revue systématique et de 17 études dans une méta-analyse. Ils ont examiné les grossesses avec et sans exposition au paracétamol, ainsi que les antécédents médicaux des mères et les autres traitements qu’elles avaient reçus.
Les résultats, publiés dans la prestigieuse revue médicale, sont formels : l’exposition au paracétamol pendant la grossesse n’est « pas associée au risque » de troubles du spectre autistique, de TDAH ou de déficience intellectuelle.
« Nous n’avons trouvé aucune augmentation cliniquement significative du risque d’autisme, de TDAH ou de déficience intellectuelle chez les enfants dont les mères ont pris du paracétamol pendant la grossesse. C’est le message important à adresser aux millions de femmes enceintes : le paracétamol peut être utilisé sans danger pendant la grossesse. »
Professeur Asma Khalil, obstétricienne consultante et spécialiste en médecine fœtale, Hôpital St George de Londres
Le professeur Gráinne McAlonan, du King’s College de Londres (KCL), souligne l’importance de cette étude rigoureuse, qui a notamment privilégié les études comparatives entre frères et sœurs afin de tenir compte des facteurs génétiques et familiaux.
« Cette étude approfondie et claire a abordé la question en menant à la fois une revue systématique substantielle de la littérature et une méta-analyse des études éligibles. Elle a confirmé qu’il n’y a aucune relation entre la prise de paracétamol pendant la grossesse et un risque plus élevé d’autisme, de TDAH ou de déficience intellectuelle chez la progéniture. »
Professeur Gráinne McAlonan, neurosciences translationnelles, King’s College de Londres
En Irlande, le HSE (Health Service Executive) confirme que ses recommandations n’ont pas changé : le paracétamol reste considéré comme sûr pour les femmes enceintes aux doses recommandées. L’Agence européenne des médicaments confirme également la sécurité du paracétamol pendant la grossesse.
La présidente de l’Organisation médicale irlandaise (OMI), le Dr Anne Dee, se dit soulagée de voir ces nouvelles données disponibles pour rassurer les patientes.
« C’est vraiment dommage que cela ait eu autant de temps d’antenne. Les patientes irlandaises ont tendance à croire ce que leur disent leurs médecins et il y a une unité à 100% dans la voix qui leur dit que le paracétamol est sans danger pendant la grossesse. »
Dr Anne Dee, présidente de l’Organisation médicale irlandaise
Le Dr Dee rappelle qu’il existe d’autres facteurs de risque bien établis pendant la grossesse, tels que la consommation d’alcool et de tabac, et insiste sur l’importance de consulter un professionnel de santé pour toute question relative à la prise de médicaments.
Rapports supplémentaires par PA
