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Augmenter la production pétrolière du Venezuela prendra plusieurs années et des milliards de dollars

by Clara Dubois

Publié le 8 janvier 2026 à 19h13. L’administration américaine envisage de relancer la production pétrolière vénézuélienne après une tentative de déstabilisation du régime de Nicolás Maduro, mais la tâche s’annonce complexe et coûteuse, avec des obstacles politiques et économiques considérables.

  • Les États-Unis souhaitent superviser indéfiniment les ventes de pétrole vénézuélien et encouragent les entreprises américaines à investir dans le pays.
  • La production actuelle du Venezuela est faible (environ 800 000 barils par jour) et sa remontée nécessitera des milliards de dollars d’investissements et de nouveaux accords.
  • La question du remboursement des actifs pétroliers nationalisés et le fardeau de la dette vénézuélienne compliquent davantage le processus.

Dans les jours qui ont suivi les efforts déployés par l’administration du président américain Donald Trump pour déstabiliser le gouvernement vénézuélien, Washington a clairement exprimé son intérêt pour le contrôle de la production pétrolière du pays sud-américain. La production vénézuélienne, historiquement entravée par la mauvaise gestion et les sanctions américaines, pourrait potentiellement être revitalisée, selon l’administration américaine.

Après une opération menée à Caracas, le secrétaire à l’Énergie Chris Wright a annoncé l’intention des États-Unis de superviser « indéfiniment » les ventes de pétrole vénézuélien. Donald Trump a affirmé que les compagnies pétrolières américaines étaient « prêtes » à revenir dans le pays. Le gouvernement vénézuélien a quant à lui annoncé qu’il transférerait entre 30 et 50 millions de barils de pétrole sanctionné aux États-Unis.

Cependant, la route vers une reprise de la production pétrolière vénézuélienne est semée d’embûches. La restauration complète de la production – et des revenus qui en découlent – prendra des années et nécessitera des investissements massifs. De nouveaux accords entre les gouvernements américain et vénézuélien seront indispensables, ainsi que l’adhésion des principales compagnies pétrolières mondiales.

Le Venezuela possède d’importantes réserves de pétrole, mais leur exploitation actuelle est limitée. Le pays produit actuellement environ 800 000 barils par jour (environ 757 000 litres par jour), contre environ un million de barils par jour (environ 946 000 litres par jour) ces dernières années, ce qui représente environ 1 % de la production mondiale actuelle. Le pays dispose de vastes gisements de pétrole lourd, mais leur extraction n’est pas toujours rentable.

Néanmoins, avec des investissements suffisants, le Venezuela pourrait augmenter considérablement sa production. Il y a vingt ans, le pays produisait 3 millions de barils par jour, et en 2016, il en produisait encore près de 2,5 millions. Bien qu’il ne soit pas probable qu’il atteigne un jour les niveaux de production de l’Arabie saoudite ou de la Russie, sa production pourrait rivaliser avec celle du Canada ou de l’Irak, selon une analyse.

Atteindre cet objectif ne sera pas facile. La réhabilitation de certains champs pétroliers et oléoducs existants nécessiterait un investissement relativement modeste (estimé entre 10 et 20 milliards de dollars), ce qui pourrait ajouter environ 500 000 barils par jour à la production vénézuélienne, portant le total à environ 1,5 million de barils par jour. Augmenter davantage la production nécessiterait le développement de nouveaux gisements et des investissements beaucoup plus importants, potentiellement 100 milliards de dollars sur dix ans.

Les grandes entreprises américaines, telles que Chevron, Exxon Mobil et ConocoPhillips, disposent de l’expertise technique et du capital nécessaires pour revitaliser les gisements existants et financer de nouveaux projets. Elles ont joué un rôle important dans la production vénézuélienne par le passé et pourraient le faire à nouveau. Cependant, la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne, PDVSA, est une source de fierté nationale, et son exclusion complète de la revitalisation du secteur pourrait susciter des réactions négatives.

Chevron est particulièrement bien positionnée, car elle n’a jamais quitté le Venezuela et a continué à exploiter sa coentreprise malgré les sanctions. Elle produit actuellement environ 200 000 barils par jour. Les autres compagnies pétrolières ont choisi de se retirer lorsque l’ancien président vénézuélien Hugo Chávez a modifié les termes de leurs contrats en 2007 et a intenté des actions en justice.

Il est important de noter que le pétrole vénézuélien est de qualité lourde et acide, ce qui le rend plus difficile et coûteux à raffiner. Cependant, les raffineries américaines de la côte du Golfe sont équipées pour traiter ce type de pétrole, provenant également du Mexique.

Enfin, la dette vénézuélienne constitue un obstacle majeur. Le montant total dû aux détenteurs d’obligations, y compris les intérêts impayés, est estimé à 100 milliards de dollars, et la dette extérieure totale s’élève à environ 170 milliards de dollars. Le produit intérieur brut du pays est d’environ 80 milliards de dollars, ce qui rend le remboursement de la dette extrêmement difficile. Une partie de cette dette est due à la Chine (environ 10 à 20 milliards de dollars) et à la Russie (environ 5 milliards de dollars).

Une intervention du Fonds monétaire international (FMI) serait nécessaire pour déterminer le montant exact de la dette et négocier un programme de réforme économique. Cependant, le FMI ne s’est pas rendu au Venezuela depuis 2004.

En résumé, le Venezuela est confronté à une situation financière difficile et aura besoin de temps et d’investissements importants pour relancer sa production pétrolière.

Cet article reflète uniquement les opinions de l’auteur. Le Council on Foreign Relations est une organisation indépendante et non partisane qui ne prend pas de position institutionnelle sur les questions de politique.

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