La saison cyclonique 2026 en Amérique présente un contraste saisissant entre un Pacifique ultra-actif et un Atlantique totalement au point mort. Porté par un phénomène El Niño d’une intensité record, ce déséquilibre climatique inédit retarde la formation de tout ouragan dans l’Atlantique, tout en déchaînant des tempêtes monstres au large du Mexique et vers Hawaï.
Le contraste extrême entre l’Atlantique et le Pacifique en 2026
L’océan Atlantique vit une saison cyclonique historique pour son absence d’activité. Seules sept tempêtes tropicales mineures ont vu le jour, tandis que les compteurs affichent un total désespérément vierge pour les ouragans. La date limite habituelle pour le premier ouragan de la saison est largement dépassée, battant des records établis lors de saisons passées comme en 2002 ou 2013 d’après The Guardian. L’Atlantique n’avait jamais connu un début de saison aussi tardif sans le moindre ouragan depuis le début des observations par satellites modernes en 1966, d’après les données d’AccuWeather.
À l’inverse, l’océan Pacifique connaît une effervescence spectaculaire. Le National Oceanic and Atmospheric Administration a notamment suivi la présence simultanée de plusieurs tempêtes, dont la tempête tropicale Nolo au sud d’Hawaï et l’ouragan Polo au large du Mexique. Les prévisions initiales de la National Oceanic and Atmospheric Administration tablaient pourtant sur une année calme dans l’Atlantique avec une fourchette de trois à six ouragans, avant de réviser ce chiffre à la baisse entre deux et six au mois d’août.

« C’est une histoire à deux bassins, a déclaré Gabriel Vecchi. Le Pacifique : incroyablement actif. L’Atlantique Nord : incroyablement inactif. » selon NPR
Le rôle moteur du puissant El Niño et le cisaillement des vents
Les climatologues l’affirment : ce grand partage climatique découle directement d’un épisode El Niño d’une force exceptionnelle. Cette chaleur océanique fournit un carburant surpuissant aux tempêtes qui s’y développent, le bassin affichant une énergie cumulée des cyclones nettement supérieure à la normale.
Dans le bassin atlantique, en revanche, les mécanismes atmosphériques inversent la tendance. Les modifications de circulation générées par El Niño provoquent une hausse sensible du cisaillement vertical des vents, ce qui déchire littéralement les cellules orageuses naissantes avant qu’elles ne puissent s’organiser en tempêtes durables d’après les analyses relayées par le National Observer.
Brian McNoldy a déclaré : « Nous nous dirigeons vers ce qui sera presque certainement le plus puissant El Niño jamais enregistré. » d’après AccuWeather

Les menaces directes sur Hawaï et les côtes du Mexique
Si l’Atlantique profite d’un répit inespéré, les populations riveraines du Pacifique subissent de plein fouet la violence de la saison. L’archipel d’Hawaï se trouve en première ligne. Il s’agit du troisième système cyclonique à menacer Hawaï cette année, après les passages de Lala en août et de Lowell au début de septembre.
Plus au sud, l’ouragan Polo a offert une démonstration terrifiante de la rapidité d’intensification permise par ces eaux surchauffées. En moins de 24 heures, Polo est passé du stade de simple tempête tropicale à une intensité majeure avec des vents en forte hausse, les modèles prévoyant une trajectoire vers des terres de la Basse-Californie au Mexique. Jesse Ferrell, météorologue pour AccuWeather, note également que la tempête tropicale Fay s’est formée au même moment sur l’Atlantique sans pour autant présenter de menace directe pour les États-Unis.

Les répercussions mondiales et les prévisions pour l’hiver
Au-delà des trajectoires cycloniques, ce super El Niño redessine le climat de la planète entière.
Du côté de la Louisiane, le climatologue d’État Jay Grymes souligne que des saisons marquées par El Niño ont tout de même par le passé engendré des impacts notables, à l’instar des ouragans Andrew et Lili. L’intensification continue de ce cycle naturel, combinée aux températures de surface record mesurées dans le Pacifique, laisse présager un hiver particulièrement agité sur le plan météorologique pour l’ensemble des zones touchées.