Publié le 19 janvier 2024 à 08h00. Des actes de vandalisme répétés dans des refuges de montagne en Autriche et en Allemagne suscitent l’inquiétude, remettant en question la sécurité des lieux d’urgence et pointant vers un manque de respect croissant envers les infrastructures alpines.
Des refuges de montagne, notamment le Stüdlhütte sur le Grossglockner (la plus haute montagne d’Autriche), ont été la cible de dégradations importantes ces dernières semaines. Début décembre, les responsables du Stüdlhütte ont découvert leur local d’hiver saccagé : porte forcée, détritus, vitres brisées et interrupteurs détruits, comme ils l’ont annoncé sur Instagram.
Veronika et Matteo Backmann, les exploitants du Stüdlhütte, ainsi que l’Association alpine de l’Oberland de Munich, ont fait état de l’ampleur des dégâts et ont lancé un appel aux dons pour financer les réparations. Ces refuges, qui servent de point de secours pour les randonneurs, sont désormais menacés dans leur fonction première.
« Un comportement dégoûtant »
La salle d’urgence, laissée ouverte pour offrir un abri en cas de besoin, est régulièrement source de problèmes, explique Hannah Trowal, porte-parole, citée par « Focus ». Les images de ces dégradations ont provoqué une vive réaction sur les réseaux sociaux, où l’indignation est palpable.
« Il n’y a que des idiots dans les montagnes », écrit un internaute sous la publication Instagram du Stüdlhütte, un sentiment partagé par de nombreux autres qui déplorent un manque général de civisme. « C’est vraiment triste ce qui arrive dans notre société », commente un autre utilisateur, tandis qu’un troisième qualifie la situation de « comportement dégoûtant », regrettant la disparition d’une certaine culture du respect de la montagne et de ses occupants.
Internautes sur Instagram
Ces incidents ne sont pas isolés. D’autres refuges, comme la Knorrhütte dans le massif du Wetterstein, le Watzmann Hocheck et plusieurs abris d’urgence de l’Allgäu, ont également été victimes de vandalisme, selon la « Société bavaroise de radiodiffusion ». Le Club alpin allemand (DAV) rappelle que ces locaux d’hiver ne sont en aucun cas destinés à servir de salle de fête, de dortoir gratuit ou de décharge.
« La salle d’urgence n’est pas une salle de fête, ni un endroit libre pour dormir et certainement pas une décharge. »
Club alpin allemand
Au-delà du coût des réparations, souvent élevé en raison de la situation isolée de ces refuges (plus de 2 600 mètres d’altitude), le principal problème est la perte d’une ressource essentielle en cas d’urgence réelle. Les locaux endommagés ne peuvent plus garantir la sécurité des personnes en difficulté.
Pas une urgence, mais une tendance sur les réseaux sociaux ?
Michael Renner, responsable des secours en montagne, estime que ces dégradations ne sont pas liées à des situations d’urgence, mais plutôt à des actes de vandalisme délibérés. Il souligne qu’en cas de besoin, il est possible de contacter les secours et d’obtenir un code d’accès pour le coffre-fort à clés, sans avoir à forcer les portes.
Certains évoquent également l’influence des réseaux sociaux. Markus Block, porte-parole du Club alpin de Munich, explique à la radio bavaroise qu’il observe une tendance à la « micro-aventure » : de jeunes alpinistes se rendent en montagne, notamment en hiver, pour prendre des photos et organiser des fêtes improvisées. Les micro-aventures, popularisées par l’aventurier britannique Alastair Humphreys, sont des expériences de plein air accessibles et peu coûteuses.
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