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Aux États-Unis, de plus en plus de jeunes ont des problèmes de mémoire : voici les causes

Publié le 5 novembre 2023 14:47:00. Les troubles cognitifs, tels que les problèmes de mémoire et de concentration, touchent de plus en plus d'Américains, et ce, à un âge de plus en plus précoce. Une étude récente révèle…

Aux États-Unis, de plus en plus de jeunes ont des problèmes de mémoire : voici les causes

Publié le 5 novembre 2023 14:47:00. Les troubles cognitifs, tels que les problèmes de mémoire et de concentration, touchent de plus en plus d’Américains, et ce, à un âge de plus en plus précoce. Une étude récente révèle une augmentation significative de ces difficultés, particulièrement chez les jeunes adultes, soulevant des inquiétudes quant à l’impact sur la santé publique et l’avenir économique.

  • Une étude menée sur plus de 4,5 millions d’Américains montre une augmentation de 2,1 points de pourcentage des adultes signalant des problèmes cognitifs entre 2013 et 2023, passant de 5,3 % à 7,4 %.
  • L’augmentation est particulièrement marquée chez les jeunes adultes (18-39 ans), avec un quasi-doublement des cas, passant de 5,1 % à 9,7 %.
  • Les personnes à faible revenu et moins instruites sont plus susceptibles de signaler des problèmes cognitifs, suggérant un lien avec les inégalités socio-économiques.

Les troubles de la mémoire et de la concentration se confirment comme un problème de santé majeur aux États-Unis. Selon une analyse de données portant sur plus de 4,5 millions d’Américains, le nombre d’adultes déclarant des difficultés cognitives a augmenté de manière notable au cours de la dernière décennie. L’étude, dirigée par le neuroscientifique Ka-Ho Wong de l’Université de l’Utah, met en évidence une tendance inquiétante, en particulier chez les jeunes.

Entre 2013 et 2023, la proportion d’adultes américains souffrant de problèmes cognitifs significatifs est passée de 5,3 % à 7,4 %. Ce chiffre global masque cependant des disparités importantes. Les jeunes adultes, âgés de 18 à 39 ans, sont ceux qui ont connu l’augmentation la plus forte, avec un taux de signalement presque doublé, passant de 5,1 % à 9,7 %. À l’inverse, une légère diminution des signalements a été observée chez les personnes de 70 ans et plus, passant de 7,3 % à 6,6 %.

Selon le Dr Adam de Havenon, chirurgien vasculaire et neurologue à l’Université de Yale,

« Les problèmes de mémoire et de réflexion sont devenus l’un des principaux problèmes de santé chez les adultes américains. »

Adam de Havenon, chirurgien vasculaire et neurologue à l’Université de Yale

Cette observation souligne l’urgence de comprendre les facteurs sous-jacents à cette tendance.

L’étude révèle également que les difficultés cognitives ne touchent pas tous les groupes de population de la même manière. Les personnes disposant d’un revenu annuel inférieur à 35 000 $ et ayant un niveau d’éducation plus faible signalent des problèmes plus fréquents que la moyenne.

« Nous constatons la plus forte augmentation dans les groupes qui sont déjà confrontés à des désavantages structurels. »

Adam de Havenon, chirurgien vasculaire et neurologue à l’Université de Yale

Ce constat suggère que les inégalités sociales et économiques pourraient jouer un rôle important dans l’augmentation des troubles cognitifs.

En 2022, près de 14 % des adultes américains souffraient déjà d’une forme de déficience cognitive, selon les données du Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Ce type de handicap est désormais le plus fréquemment signalé aux États-Unis.

Les causes de cette augmentation ne sont pas encore clairement établies. Les chercheurs évoquent plusieurs facteurs potentiels, notamment les conséquences de la pandémie de coronavirus, le stress accru et la précarité de l’emploi chez les jeunes, ainsi que la dépendance croissante aux technologies numériques. Ils soulignent également la possibilité d’une plus grande sensibilisation à la santé mentale, qui pourrait inciter davantage de personnes à signaler leurs difficultés.

Il est important de noter que l’étude repose sur des auto-évaluations réalisées par téléphone, et que des tests cliniques plus approfondis seraient nécessaires pour confirmer ces résultats. Néanmoins, les chercheurs insistent sur le fait qu’il s’agit d’un problème de santé publique croissant qui nécessite une attention particulière.

« Nous devons mieux comprendre quels facteurs sociaux et économiques sont à l’origine de cette situation. »

Adam de Havenon, chirurgien vasculaire et neurologue à l’Université de Yale

L’augmentation significative des troubles cognitifs chez les jeunes adultes, en particulier, exige une réponse rapide, non seulement pour leur bien-être individuel, mais aussi pour la productivité future de la main-d’œuvre et la viabilité des systèmes de santé.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.