Publié le 18 novembre 2025 à 00:56:00. Une vague de maladies virales, dont la dengue, le chikungunya et la fièvre d’Oropouche, frappe Cuba, submergeant un système de santé déjà fragilisé par les pénuries et le manque de ressources, laissant les familles livrées à elles-mêmes face à la fièvre et à l’incertitude.
- Des milliers de familles cubaines sont touchées par des symptômes fébriles, souvent sans diagnostic précis ni accès à des soins adéquats.
- Le système de santé publique est dépassé, manquant de médicaments, de réactifs pour les tests et de personnel suffisant.
- Le gouvernement reste silencieux sur l’ampleur de l’épidémie, se contentant de déclarations vagues sur des « symptômes fébriles non spécifiques ».
De Pinar del Río à Guantanamo, le témoignage est unanime : les hôpitaux cubains, autrefois fierté du pays, sont aujourd’hui démunis face à l’afflux de patients. Les pénuries de médicaments, exacerbées par la crise économique que traverse l’île, rendent les traitements difficiles, voire impossibles. Les Cubains se retrouvent à devoir faire face à ces maladies virales avec les moyens du bord, souvent guidés par des remèdes de grand-mère ou des conseils d’amis.
Marleidy Muñoz, dans un article publié initialement par El Toque, relate l’expérience de sa famille, touchée en pleine crise sanitaire. Sa grand-mère, âgée de 84 ans, a été frappée par une forte fièvre et une perte de sensibilité dans les jambes. Sa tante, jeune et en bonne santé, a souffert de douleurs articulaires intenses et d’une fièvre élevée, sans pouvoir trouver le médicament adéquat. Sa sœur, elle, a été victime d’une évanouissement, de ganglions lymphatiques enflés et d’une éruption cutanée généralisée.
La situation est particulièrement préoccupante pour les enfants. Les parents, désespérés, se rendent aux hôpitaux pédiatriques, mais se heurtent à un manque criant de moyens. Une mère témoigne :
« Il n’y avait qu’un seul thermomètre pour près de 30 enfants dans la clinique d’urgence. Nous avons attendu cinq heures pour les examiner. Pendant tout ce temps, ils avaient une forte fièvre et des tremblements. Il n’y avait nulle part où s’asseoir. J’ai manqué d’eau et je suis allé en acheter à l’intérieur de l’hôpital, mais ils n’en avaient pas non plus. Un désastre total. Finalement, le médecin les a vus pendant trois minutes. Il leur a dit de leur donner du paracétamol et de se reposer. »
Mère d’enfants malades, Cienfuegos
Le diagnostic est souvent incertain : dengue, chikungunya, fièvre d’Oropouche… les médecins, débordés et manquant de réactifs, peinent à distinguer les différentes maladies. Un artiste martial de La Havane, âgé de 62 ans, a vu sa santé décliner rapidement, terrassé par une fièvre persistante et des douleurs articulaires. Son fils, impuissant, se contente de lui administrer un thé à base de plantes, faute de médicaments disponibles.
« Non, parce que l’attention que vous y recevez est de la merde », a-t-il déclaré, reflétant le sentiment général de défiance envers le système de santé.
Le Ministère de la Santé Publique se contente de déclarations rassurantes sur des « épidémies contrôlées », mais la réalité sur le terrain est bien différente. Les rapports épidémiologiques sont lacunaires et les médias officiels minimisent l’ampleur de la crise. Les informations les plus fiables proviennent désormais des témoignages de citoyens, partagés sur les réseaux sociaux et par messages WhatsApp.
Cette crise sanitaire s’ajoute aux difficultés économiques et sociales que traverse Cuba, notamment les coupures de courant prolongées, les pénuries d’eau et de nourriture, et les conséquences de l’ouragan Melissa, qui a frappé l’est de l’île fin octobre. L’aide extérieure, sous forme d’envois de fonds et de médicaments, est essentielle, mais souvent insuffisante.
La santé publique, pilier du discours officiel, semble s’effondrer sous le poids des pénuries, de la désinformation et de la négligence institutionnelle. La question demeure : que fait le gouvernement face à cette crise sanitaire qui menace la santé de toute une nation ?
Article original publié en espagnol par El Toque et traduit en anglais par Havana Times.
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