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Bébés transférés, tension dans certains hôpitaux… Pourquoi l’épidémie de bronchiolite grimpe en flèche malgré le traitement préventif?

La bronchiolite frappe durement la France, saturant les services pédiatriques et poussant certains hôpitaux à transférer des nourrissons vers d'autres régions. Malgré la disponibilité d'un vaccin préventif depuis l'automne dernier, la couverture vaccinale reste insuffisante, selon les professionnels…

Bébés transférés, tension dans certains hôpitaux… Pourquoi l’épidémie de bronchiolite grimpe en flèche malgré le traitement préventif?

La bronchiolite frappe durement la France, saturant les services pédiatriques et poussant certains hôpitaux à transférer des nourrissons vers d’autres régions. Malgré la disponibilité d’un vaccin préventif depuis l’automne dernier, la couverture vaccinale reste insuffisante, selon les professionnels de santé.

Selon Santé publique France, l’ensemble du territoire métropolitain, à l’exception de la Corse, est en alerte rouge pour épidémie de bronchiolite. Sur les 3 014 enfants de moins d’un an ayant consulté aux urgences pour une bronchiolite entre le 24 et le 30 novembre, 974, soit 32,3 %, ont dû être hospitalisés.

La tension est particulièrement forte en Île-de-France, où 16 bébés atteints de bronchiolite ont été transférés en réanimation dans d’autres régions, notamment à Reims et Rouen. Des services pédiatriques hospitaliers des Hauts-de-France et de Normandie sont également sous pression.

« C’est une période qui met à mal tout le monde : les enfants, la famille et les médecins », témoigne Romain Basmaci, chef de service en pédiatrie à l’hôpital Louis-Mourier de Colombes et secrétaire général de la Société française de pédiatrie. « On rencontre beaucoup de difficultés à hospitaliser et on met beaucoup de temps à trouver des places. Parfois, on fait sortir les enfants hospitalisés un peu plus vite que ce qu’on aurait voulu car il faut qu’on puisse libérer de la place pour ceux qui en ont le plus besoin. »

Un vaccin, l’anticorps Beyfortus, est disponible depuis le 1er septembre dernier. Une étude de l’Institut Pasteur menée en France entre le 15 septembre 2023 et le 31 janvier 2024 estime son efficacité entre 76 % et 81 %. Il aurait permis d’éviter 5 800 hospitalisations liées à la bronchiolite entre le 15 septembre 2023 et le 4 février 2024.

Le vaccin est proposé dès la maternité aux nourrissons. Ceux nés entre février et août 2025 peuvent se faire vacciner chez un médecin généraliste ou un pédiatre. Cependant, de nombreuses familles ignorent son existence.

« Il faut que les patients et les médecins soient plus informés », insiste Romain Basmaci. Il souligne que les femmes enceintes peuvent également se faire vacciner pour assurer une immunisation passive à leur nouveau-né.

« Les pédiatres sont au courant et sont convaincus de l’efficacité du vaccin car c’est une maladie qui occupe notre quotidien pendant trois mois, tous les hivers, et depuis 30 ou 40 ans », rappelle-t-il. Il explique que les médecins généralistes, confrontés à un panel de patients plus large, ont moins conscience de l’impact de la bronchiolite et des bénéfices de la prévention.

« C’est un virus qui touche 100 % des enfants », rappelle Sandrine Sarrazin, chercheuse Inserm au Centre d’Immunologie de Marseille-Luminy. « Et nous savons que plus un enfant l’attrape étant petit, plus l’infection est à risque. » Elle encourage à se faire vacciner, soulignant que la protection est effective 21 jours après l’injection.

À ce stade, Santé publique France ne dispose pas d’informations sur le nombre d’enfants immunisés avec Beyfortus cette saison. Romain Basmaci estime que si la couverture vaccinale était plus élevée, la tension sur les hôpitaux serait considérablement réduite. 600 000 doses avaient été mises à disposition pour la saison hivernale 2024-2025.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.