Publié le 14 octobre 2025 à 16h40. L’entrepreneur autrichien René Benko, fondateur du groupe Signa, est accusé de dissimulation d’actifs dans le cadre de sa faillite, une manœuvre qui aurait porté préjudice à ses créanciers. Le procès s’est ouvert ce mardi à Innsbruck, où Benko a nié les accusations.
- René Benko a plaidé non coupable des accusations de dissimulation d’actifs pour un montant total de 667 566,67 €.
- La WKStA (Wirtschafts- und Korruptionsstaatsanwaltschaft – Office national de lutte contre la corruption et les crimes économiques) l’accuse d’avoir lésé ses créanciers en dissimulant des revenus locatifs et des fonds.
- L’audience a été reportée à mercredi après un interrogatoire de moins de cinq minutes et l’absence de témoins disponibles.
René Benko, 48 ans, est apparu ce matin au tribunal régional d’Innsbruck, escorté par sept agents de la garde judiciaire. L’entrepreneur, en détention provisoire depuis le 24 janvier 2025, a visiblement perdu du poids, mais a affiché une attitude déterminée. Interrogé par la juge Andrea Wegscheider, il a fermement nié les accusations portées contre lui, estimant que les allégations de la WKStA étaient « contraires aux faits ».
Selon l’accusation, Benko aurait causé un préjudice de 667 566,67 € à ses créanciers en dissimulant des actifs. Plus précisément, il est reproché à l’entrepreneur de ne pas avoir déclaré 360 000 € de revenus locatifs et 7 566,67 € d’avance sur les frais de fonctionnement d’une villa située à Hungerburg, à Innsbruck, où réside encore sa famille. La WKStA lui reproche également d’avoir reçu 300 000 € de sa mère, via la Fondation Ingbe, et de les avoir ensuite « restitués », une opération jugée suspecte.
La défense dénonce des accusations infondées
L’avocat de René Benko, Norbert Wess, a vigoureusement contesté les accusations, les qualifiant de « fausses, encore plus fausses, les plus fausses ». Il a souligné que les paiements anticipés de loyer et de frais d’exploitation étaient une pratique courante et qu’il n’y avait aucune dissimulation de biens, le contrat de location conférant une valeur réelle. Il a également précisé que le liquidateur aurait pu exiger à tout moment le remboursement des sommes versées d’avance. De plus, il a affirmé que la villa était bel et bien habitable, contrairement à ce que suggéraient les procureurs.
M. Wess a expliqué que Benko avait tout fait pour préserver son entreprise face aux difficultés économiques rencontrées à l’automne 2023, notamment en raison de la pandémie de Covid-19, de la guerre en Ukraine et de la crise immobilière. Pour rappel, Signa Holding a déclaré sa faillite fin novembre 2023, et Benko lui-même a déposé son bilan personnel le 6 mars 2024, une procédure de faillite ayant été ouverte trois jours plus tard.
Concernant le don et le retour de fonds, l’avocat a minimisé l’importance des 300 000 €, soulignant que Benko avait ensuite reçu 1,2 million d’euros supplémentaires de sa mère, ce qui n’avait pas diminué l’actif global.
Lors de son propre témoignage, René Benko a confirmé son identité et sa situation familiale (marié, père de quatre enfants). Il a cependant refusé de divulguer des informations sur ses actifs ou ses dettes, invoquant la complexité de la procédure de faillite en cours. Il a réaffirmé son innocence et a confirmé avoir préparé une contre-déclaration à l’acte d’accusation, qu’il ne souhaite pas commenter davantage.
L’interrogatoire de l’entrepreneur en faillite s’est donc avéré très bref. En l’absence de témoins disponibles, l’audience a été reportée à mercredi matin, 9 heures. Il est important de souligner que, dans l’attente du procès, la présomption d’innocence s’applique pleinement à René Benko.
Pour suivre l’affaire : Die Presse – Dossier René Benko
