L’utilisation du bicarbonate de sodium par voie intraveineuse pour traiter les acidémies sévères, souvent liées à des maladies graves, reste controversée. Si cette pratique est courante, les preuves de son efficacité globale demeurent limitées, comme le soulignent les dernières recommandations médicales.
Une acidémie sévère peut aggraver le dysfonctionnement de plusieurs organes et augmenter le risque de complications nécessitant des soins intensifs. Sans correction ou traitement, elle peut avoir des conséquences graves pour le patient. Le bicarbonate de sodium intraveineux (IV) est fréquemment administré pour tenter d’atténuer cette acidémie, mais son bénéfice réel est sujet à débat.
Les directives les plus récentes de Surviving Sepsis, une organisation de référence en matière de sepsis, ne formulent qu’une recommandation faible (basée sur des preuves de faible qualité) concernant l’utilisation du bicarbonate de sodium IV chez les patients atteints de sepsis avec choc, d’acidose sévère et d’insuffisance rénale aiguë (IRA). Cette recommandation s’appuie en partie sur les résultats de l’étude BICARICU, un essai clinique randomisé mené dans plusieurs centres.
L’essai BICARICU a suggéré une possible réduction de la mortalité à 28 jours et une diminution du recours au traitement de remplacement rénal (KRT) chez un sous-groupe spécifique de patients. Il s’agit des patients présentant une acidémie sévère (pH inférieur ou égal à 7,20) associée à une insuffisance rénale aiguë modérée à sévère. Ces résultats, bien que prometteurs pour cette population particulière, ne suffisent pas à établir une recommandation forte pour l’utilisation généralisée du bicarbonate de sodium IV dans tous les cas d’acidémie sévère.
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