Les prévisions économiques à long terme, en particulier celles concernant le budget fédéral américain, se sont avérées désespérément inexactes depuis le début du XXIe siècle. Entre erreurs de calcul flagrantes et événements imprévisibles, les projections du Congressional Budget Office (CBO) ont systématiquement échoué à anticiper la réalité financière du pays.
L’année 2001 illustre parfaitement cette myopie. Alors que les États-Unis semblaient prospérer, le CBO prévoyait des excédents budgétaires massifs, allant jusqu’à estimer que la dette nationale serait entièrement remboursée d’ici 2011. Ces prévisions optimistes ont été brutalement remises en question quelques mois plus tard, avec les attentats du 11 septembre et leurs conséquences économiques majeures.
Au lieu des excédents annoncés, les États-Unis ont accumulé un déficit cumulé de 6 100 milliards de dollars (environ 5 660 milliards d’euros) sur la période 2002-2011, soit un écart de 11 700 milliards de dollars (environ 10 680 milliards d’euros) par rapport aux prévisions initiales. Le CBO, qui publie des projections budgétaires sur dix ans, est critiqué pour l’absence de fondement factuel solide pour ces estimations à long terme, les comparant à une prévision météorologique à un an.
Les coûts liés à la « guerre contre le terrorisme » lancée par l’administration Bush, avec les interventions militaires en Afghanistan et en Irak, ainsi que l’éclatement de la bulle immobilière et les plans de sauvetage bancaire massifs (TARP) n’avaient pas été pris en compte dans les calculs du CBO. L’analyse des données révèle que les économistes du CBO ont simplement extrapolé les tendances existantes sans tenir compte des risques potentiels.
Paradoxalement, les réductions d’impôts mises en œuvre par George W. Bush en 2003 ne semblent pas être la cause principale de l’augmentation des déficits. Entre 2004 et 2007, le déficit annuel a même diminué de plus de 50 %, passant de 413 milliards de dollars (environ 375 milliards d’euros) à 161 milliards de dollars (environ 146 milliards d’euros).
Depuis 2001, le déficit fédéral américain a atteint une moyenne de 1 milliard de dollars (environ 910 millions d’euros) par an, et a dépassé les 2 000 milliards de dollars (environ 1 820 milliards d’euros) par an depuis 2020, selon le Trésor américain. La dette publique américaine s’élève désormais à 38 000 milliards de dollars (environ 34 550 milliards d’euros), soit 110 000 dollars (environ 99 700 euros) par Américain, loin des excédents escomptés au début des années 2000.
Malgré ces difficultés, les marchés financiers ont connu une reprise significative après la crise de 2008. Entre mars 2009 et 2025, les principaux indices boursiers ont enregistré des gains importants, notamment l’or, qui a vu sa valeur multipliée par 15 par rapport au dollar américain. Cependant, l’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 83 % sur la même période, réduisant les gains réels du marché.
Le dollar américain a connu une dépréciation de 10 % au total, et de 8 % par rapport à l’euro, tandis que l’or et l’argent ont affiché des performances bien plus robustes. En 2025, l’indice du dollar américain (DXY) a chuté de 10 %, ce qui a profité aux autres grandes devises mondiales. Cette baisse du dollar a également entraîné une diminution des coûts alimentaires et énergétiques pour les consommateurs.
Les performances de 2025 confirment une tendance observée au cours des 25 dernières années : une hausse des marchés boursiers, mais une progression encore plus rapide du marché de l’or et de l’argent. L’or, plus qu’une simple protection contre l’inflation, est désormais perçu comme un refuge en période de crise et une alternative au dollar, y compris face à la montée en puissance des cryptomonnaies.
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