Un responsable de l’Agence fédérale de financement du logement (FHFA) est au centre d’une controverse croissante, accusé d’avoir abusé de ses fonctions pour cibler des opposants politiques de l’ancien président Donald Trump et d’avoir potentiellement compromis des données confidentielles. Bill Pulte, 37 ans, fait l’objet d’enquêtes internes et d’un examen minutieux de ses actions.
Selon des informations révélées par le Wall Street Journal et l’Associated Press, une équipe d’éthique au sein de Fannie Mae, l’une des entreprises supervisées par la FHFA, a lancé une enquête sur la manière dont M. Pulte accédait aux informations relatives aux prêts hypothécaires. L’enquête a été déclenchée par des inquiétudes exprimées par des employés concernant des pressions exercées par la direction de la FHFA pour obtenir un accès inapproprié à ces documents.
Plusieurs personnes impliquées dans l’enquête ont ensuite été licenciées, notamment une douzaine de membres de l’équipe de surveillance de Fannie Mae, son responsable de l’éthique et le haut responsable de la FHFA qui avait alerté les procureurs. M. Pulte a affirmé que ces licenciements s’inscrivaient dans le cadre d’une initiative visant à mettre fin aux programmes de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI).
Les accusations portées contre M. Pulte ne s’arrêtent pas là. Des courriels ont révélé qu’il avait demandé à un responsable marketing de partager des informations confidentielles sur les prix avec Freddie Mac, le principal concurrent de Fannie Mae, une démarche qui pourrait constituer une collusion pour fixer les taux hypothécaires. Des responsables de Fannie Mae qui ont contesté cette conduite ont également été licenciés.
M. Pulte a également été critiqué pour avoir publiquement accusé plusieurs personnalités démocrates de fraude hypothécaire, notamment la procureure générale de New York, Letitia James, le sénateur californien Adam Schiff et Lisa Cook, une économiste de la Réserve fédérale. Ces accusations, qui n’ont donné lieu à aucune accusation criminelle à ce jour, ont été utilisées par M. Trump pour justifier le licenciement de Mme Cook de son poste à la Réserve fédérale, une décision contestée devant la Cour suprême des États-Unis.
L’affaire a pris une tournure particulière lorsque M. Pulte a présenté à M. Trump, lors d’une visite au club de golf de Palm Beach, une proposition de prêt hypothécaire sur 50 ans. Il avait même préparé un panneau d’affichage de 1,5 m x 2,5 m pour illustrer son idée, affirmant qu’elle permettrait à M. Trump de figurer parmi les « grands présidents américains ». L’idée a rapidement été critiquée, suscitant une vague d’appels à la Maison Blanche et des inquiétudes quant à son impact potentiel sur la crise du logement.
« Ce qui est devenu clair à partir de ce dernier épisode – si ce n’était déjà clair – c’est que Bill Pulte ne sait absolument rien du fonctionnement des marchés hypothécaires », a déclaré une source proche du dossier, citée par Politico.
M. Pulte, héritier d’une fortune immobilière, n’avait aucune expérience dans le secteur hypothécaire avant d’être nommé à la tête de la FHFA. Sa nomination avait déjà suscité des critiques quant à ses qualifications.
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