Home MondeBirol, président de l’UEA : la décision de l’UE de se retirer du gaz russe est historique

Birol, président de l’UEA : la décision de l’UE de se retirer du gaz russe est historique

by Clara Dubois

Publié le 24 octobre 2023 10:15:00. L’Europe se prépare à un bouleversement majeur sur le marché de l’énergie, avec une diminution attendue de sa dépendance au gaz russe grâce à l’arrivée massive de gaz naturel liquéfié (GNL) et une transformation vers un marché plus favorable aux acheteurs. Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) met en garde contre une répétition des erreurs du passé et souligne la nécessité de diversifier les sources d’approvisionnement.

  • L’Europe devrait bénéficier d’une plus grande marge de manœuvre énergétique entre 2026 et 2030 grâce à l’augmentation des importations de GNL.
  • Le marché de l’énergie est en train de passer d’un modèle de vendeurs à un modèle d’acheteurs, renforçant la position de l’Europe.
  • L’AIE estime que l’interdiction progressive des importations de pétrole russe d’ici 2027 est réalisable sans provoquer de hausse significative des prix.

S’exprimant auprès de Bloomberg, le directeur de l’AIE, Fatih Birol, a rappelé que la Russie est le principal fournisseur d’énergie de l’Europe depuis les années 1970, assurant jusqu’à récemment la moitié de la consommation continentale de gaz naturel. L’arrivée massive de gaz naturel liquéfié (GNL) sur le marché entre 2026 et 2030 devrait changer la donne, offrant à l’Europe une flexibilité accrue et de nombreuses alternatives au gaz russe.

Birol a souligné que les dynamiques du marché sont en train de s’inverser. Après des années où les vendeurs dominaient, le marché de l’énergie se transforme en un “marché d’acheteurs”, ce qui devrait renforcer la position des Européens dans les négociations. Il a toutefois mis en garde contre une reproduction des erreurs commises dans les années 1970, lorsque l’Europe est devenue trop dépendante du gaz russe tout en cherchant à réduire sa dépendance au pétrole du Moyen-Orient. Selon lui, la diversification des sources d’approvisionnement est la règle d’or de la sécurité énergétique.

La Russie devrait subir des pertes de revenus importantes dans ce contexte. Birol a précisé qu’il est plus difficile de rediriger les flux de gaz naturel, acheminé par des gazoducs, que ceux du pétrole. Les efforts de Moscou pour orienter ses exportations vers la Chine se heurtent à des difficultés logistiques.

Concernant la proposition de l’Union européenne d’interdire les importations de pétrole russe d’ici la fin de 2027, Birol l’a jugée “politiquement correcte”. Il a souligné l’existence d’un excédent important de pétrole sur les marchés et a estimé qu’une mise en œuvre progressive et prudente de cette interdiction ne devrait pas entraîner de hausse des prix, contrairement aux craintes initiales.

La situation en Ukraine est également préoccupante. Birol a indiqué que le pays fait face à l’hiver le plus rigoureux depuis le début de la guerre en raison des attaques répétées contre ses infrastructures énergétiques, mettant à rude épreuve ses systèmes d’électricité et de chauffage.

La crise énergétique en Europe a stimulé le développement des énergies renouvelables, avec une augmentation de leur capacité de 40 % au cours des trois dernières années. On observe également un regain d’intérêt pour l’énergie nucléaire. Birol espère que cela conduira à un mix énergétique plus équilibré, avec un gaz naturel moins cher. Cependant, il a averti que des risques persistent en matière de sécurité électrique, soulignant que les réseaux électriques européens ne sont pas suffisamment modernes et intelligents. Il a mis en garde contre la possibilité de pannes de courant similaires à celles survenues en Espagne, en cas de forte demande lors d’épisodes climatiques extrêmes, et a appelé la Commission européenne à renforcer les réseaux électriques en priorité.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.