Publié le 5 janvier 2024 18:32. L’Italie est sur le point de lever ses objections à l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur, ouvrant la voie à une signature imminente qui pourrait créer la plus grande zone de libre-échange au monde. Cette volte-face intervient après des semaines de négociations intenses et de pressions de la part des agriculteurs européens.
- L’Italie devrait soutenir l’accord lors du vote des ambassadeurs de l’UE le 9 janvier.
- La signature de l’accord avec le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay est envisagée le 12 janvier.
- L’accord, négocié pendant 25 ans, créerait une zone de libre-échange de 780 millions de consommateurs.
Après des semaines de blocage, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur (Marché commun du Sud) semble enfin sur le point d’être conclu. Rome, qui, avec Paris, avait freiné l’adoption du texte, devrait changer de position lors du vote des ambassadeurs des États membres de l’UE, prévu le 9 janvier. Si cette évolution se confirme, la signature officielle de l’accord avec le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay pourrait intervenir dès le 12 janvier.
L’accord avait été suspendu le mois dernier en raison des inquiétudes exprimées par l’Italie et la France quant à l’impact sur les agriculteurs européens. Ces derniers craignent une concurrence accrue de la part des produits agricoles sud-américains, souvent moins chers. La Première ministre italienne, Georgia Meloni, aurait demandé des garanties supplémentaires pour protéger l’agriculture européenne, ainsi que des fonds dédiés pour soutenir les agriculteurs via le budget communautaire.
La Commission européenne a reconnu les progrès réalisés ces dernières semaines. « Des discussions, des travaux et des progrès ont été réalisés au cours des deux dernières semaines », a déclaré lundi à la presse la porte-parole de la Commission, Paula Pinho.
Le président français, Emmanuel Macron, avait également exprimé des réserves similaires en décembre, estimant que le traité ne comportait pas suffisamment de garanties. Plus récemment, le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a même évoqué la possibilité d’interdire l’importation de produits alimentaires en provenance d’Amérique du Sud – ou d’ailleurs – contenant des pesticides interdits dans l’UE.
Cet accord, dont les négociations ont duré 25 ans, créerait la plus grande zone de libre-échange au monde, regroupant 780 millions de consommateurs. Il permettrait à l’UE d’accroître ses exportations vers l’Amérique latine, notamment dans les secteurs de l’automobile, du vin et des spiritueux. Selon les estimations de Bloomberg Economics, l’accord stimulerait l’économie du bloc Mercosur de 0,7 % et celle de l’Europe de 0,1 %.
Au-delà des aspects économiques, cet accord revêt une dimension géopolitique importante, renforçant l’influence de l’UE dans une région où la Chine a considérablement étendu sa présence en tant que fournisseur industriel et acheteur de matières premières. Les agriculteurs lituaniens, par exemple, craignent déjà que les importations à bas prix ne déséquilibrent leur marché et ne mettent en péril la production locale. VŽ a rapporté leurs inquiétudes à ce sujet.
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