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BlutTest prédit le risque de maladies hépatiques graves

by Sophie Martin

Publié le 30 septembre 2024 08:53:00. Une nouvelle méthode basée sur une simple analyse sanguine pourrait prédire avec une grande précision le risque de développer une maladie hépatique grave jusqu’à dix ans à l’avance, offrant ainsi une opportunité cruciale d’intervention précoce.

  • Un test basé sur cinq facteurs – âge, sexe et trois enzymes hépatiques courantes – permet d’évaluer le risque de maladies hépatiques graves.
  • L’outil, appelé Core, a démontré une précision de 88 % dans l’identification des personnes à risque, surpassant les méthodes existantes comme le FIB-4.
  • Le modèle est déjà accessible en ligne et a été validé dans des populations suédoises, finlandaises et britanniques.

Les maladies hépatiques, souvent silencieuses dans leurs premiers stades, représentent un problème de santé publique croissant. Un diagnostic tardif peut compromettre les chances de traitement et entraîner des complications graves, voire une transplantation hépatique. Des chercheurs de l’Institut Karolinska à Huddingen, en Suède, ont développé un outil prometteur pour identifier les personnes à risque bien avant l’apparition des symptômes.

Avec son collègue Hannes Hagström, Rickard Strandberg a mis au point un test qui s’appuie sur l’analyse de trois enzymes hépatiques courantes (AST, Alt, GGT) mesurées lors des bilans de santé habituels, combinées à l’âge et au sexe du patient. Selon Rickard Strandberg, chercheur à l’Institut Karolinska :

« Notre méthode peut prédire le risque d’une maladie hépatique grave dans les dix ans et est basée sur seulement trois tests sanguins de routine. »

Rickard Strandberg, chercheur à l’Institut Karolinska

L’étude, menée conjointement par des équipes suédoises et finlandaises, a analysé les données de plus de 480 000 personnes de Stockholm ayant subi des examens de santé entre 1985 et 1996. Sur cette période, environ 1,5 % ont développé une maladie hépatique grave ou ont nécessité une greffe du foie. Le modèle Core s’est révélé capable de distinguer avec une précision de 88 % les personnes qui allaient développer une maladie hépatique de celles qui resteraient en bonne santé, une amélioration significative par rapport à la méthode FIB-4, un test non invasif utilisé pour évaluer le degré de fibrose hépatique, notamment chez les patients atteints d’hépatite B, d’hépatite C ou de stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD).

Selon Hannes Hagström, responsable de l’étude :

« Jusqu’à présent, les soins primaires manquaient d’instruments pour reconnaître le risque de maladies hépatiques graves à un stade précoce. FIB-4 ne convient pas à la population générale. »

Hannes Hagström, responsable de l’étude

L’objectif des chercheurs était de créer un outil simple et accessible pour les médecins généralistes, qui sont souvent les premiers interlocuteurs des patients.

Le modèle Core est déjà disponible en ligne sur www.core-model.com. Il a également été testé avec succès dans des cohortes finlandaises et britanniques. Les chercheurs soulignent toutefois la nécessité de mener des études supplémentaires auprès de populations spécifiques, telles que les personnes atteintes de diabète de type 2 ou d’obésité, afin d’affiner davantage la précision du modèle. Son intégration dans les dossiers médicaux électroniques pourrait faciliter son utilisation quotidienne en clinique.

Cette recherche a été menée en collaboration entre l’Institut Karolinska, l’hôpital universitaire d’Helsinki, l’Université d’Helsinki et l’Institut finlandais de santé et de bien-être. Elle a été financée par le Conseil de recherche suédois de Stockholm (Cimed) et la Société suédoise du cancer. Les résultats complets de l’étude sont disponibles dans le rapport publié sur BMJ.

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