Le chanteur américain Bob Dylan a été reçu en audience privée au Palais apostolique du Vatican par le pape Léon XIV, selon des informations confirmées le 4 novembre 2026 par le Vatican et relayées par des médias internationaux dont Yahoo et Quartz. Vêtu d’un sweat-shirt noir à capuche, l’artiste âgé de 85 ans a échangé quelques mots avec le pontife lors de cette rencontre organisée à l’occasion de sa tournée italienne.
Le pape reçoit Bob Dylan au Vatican
L’audience s’est déroulée dans la résidence papale. Le pape Léon XIV a offert un chapelet au musicien. Le lauréat du prix Nobel de littérature a remis au souverain pontife un exemplaire de son autobiographie, « Chronicles: Volume One », d’après les précisions de Vatican News rapportées par EWTN News.
La venue du musicien à Rome coïncide avec une étape de sa tournée « Rough and Rowdy Ways », qui le conduit notamment sur la scène du Palazzo dello Sport, ainsi qu’à Milan et Bologne, selon Il Messaggero.
L’organisation de cette rencontre a été suivie par le père Antonio Spadaro. Ce fonctionnaire du Vatican avait déjà orchestré une réunion entre le pape et Patti Smith, comme le relève Quartz.

Le père Antonio Spadaro a partagé un message sur les réseaux sociaux afin de relater l’événement aux côtés d’Andrea Monda, qui exerce les fonctions de directeur de L’Osservatore Romano.
Les images diffusées par les services du Vatican ont dévoilé le célèbre auteur-compositeur américain. Il portait son sweat-shirt noir à capuche et des gants de la même couleur en présence du Saint-Père vêtu de sa traditionnelle soutane blanche.
Certains analystes ont à ce propos rappelé que l’évolution spirituelle du chanteur est demeurée liée à la foi chrétienne. Cette démarche a été amorcée par sa conversion au christianisme évangélique à la fin des années soixante-dix.
Cette trajectoire intègre les thématiques existentielles du salut, du péché et de la rédemption, en dépit du fait qu’il n’ait jamais embrassé le catholicisme.
Les vers pacifistes de la Guerre froide
Le dialogue entre le pontife et le chanteur trouve son origine en juillet. Le pape Léon XIV a alors préfacé l’ouvrage « Désarmée et désarmante. La paix est un don », publié par la Librairie éditrice vaticane.
Pour critiquer la course aux armements et le danger nucléaire, le pape a cité des vers d’un texte de protestation composé par Bob Dylan en 1963, au cœur de la Guerre froide.

I hate you cause yer man-made and man-owned an’ man-handled
Bob Dylan, auteur-compositeur
Ce morceau intitulé « Go Away You Bomb » n’avait jamais été officiellement enregistré. Son manuscrit a refait surface en 2013.
Ses déclarations antérieures lui avaient d’ailleurs attiré des reproches de la part de Donald Trump. Ce dernier l’avait qualifié de « nul » sur le plan de la politique étrangère après qu’il eut condamné le conflit au Moyen-Orient.
L’artiste américain a parfois exprimé des nuances sur la question de la force. Il a affirmé en 2001 qu’il ne se considérait pas comme un pacifiste et qu’il défendait le droit à la légitime défense.
Le précédent de Bologne
Ce rendez-vous au Vatican s’inscrit dans la continuité des liens tissés entre l’artiste et le Saint-Siège.
Près de trente ans plus tôt, le 27 septembre 1997, Bob Dylan s’était produit devant le pape Jean-Paul II et environ 300 000 jeunes lors du 23e Congrès eucharistique national à Bologne, en Italie, rappelle EWTN News.
À cette époque, le musicien avait interprété plusieurs de ses classiques, dont « Knockin’ on Heaven’s Door ». Cette chanson est également reprise par des formations comme Guns N’ Roses et Eric Clapton.
Après son tour de chant, il avait retiré son chapeau de cow-boy pour gravir les marches de l’estrade papale et serrer la main de Karol Wojtyla.
Dans son allocution, le pape polonais avait alors repris une interrogation du morceau « Blowin’ in the Wind » pour y apporter une réponse théologique ancrée dans la figure de Jésus-Christ.