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Boire des boissons gazeuses, même diététiques, augmente le risque de dommages corporels

by Sophie Martin

Publié le 10 octobre 2024 18:35:00. Une étude européenne révèle un lien surprenant entre la consommation régulière de sodas, qu’ils soient sucrés ou « light », et un risque accru de développer une stéatose hépatique, une maladie du foie en pleine expansion mondiale.

  • La consommation quotidienne de boissons gazeuses, même sans sucre, est associée à une augmentation significative du risque de stéatose hépatique.
  • Les personnes consommant régulièrement des boissons contenant des édulcorants artificiels présentent un risque 60 % plus élevé de développer une stéatose hépatique métabolique (MASLD).
  • Les États-Unis, avec une consommation par habitant de 118 litres de sodas par an, pourraient être particulièrement concernés par ces découvertes.

Une étude menée auprès de plus de 120 000 adultes au Royaume-Uni a mis en évidence une corrélation inquiétante entre la consommation de sodas, qu’ils soient traditionnels ou « zéro », et le développement de maladies hépatiques. Présentée lors de la Semaine européenne unie de gastroentérologie (UEG) à Berlin, cette recherche souligne que le risque de lésions hépatiques est accru, quel que soit le type de boisson gazeuse consommé. Ces résultats, rapportés par l’agence Reuters, pourraient concerner des millions de personnes, notamment aux États-Unis, où la consommation de ces boissons reste parmi les plus élevées au monde.

L’étude, coordonnée par Lihe Liu du Service de Gastro-entérologie du Premier Hôpital Affilié de l’Université Soochow en Chine, s’est appuyée sur les données de la Biobanque britannique, en analysant les habitudes alimentaires et le suivi clinique des participants sur plus de dix ans. Les chercheurs ont identifié une association claire entre la consommation quotidienne de ces boissons et l’apparition de la stéatose hépatique associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD), une pathologie en forte augmentation.

La progression mondiale de la MASLD s’accompagne d’une hausse continue de la consommation de boissons gazeuses et de boissons diététiques. L’UEG estime que cette maladie touche désormais plus de 30 % de la population mondiale. Aux États-Unis, le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) estime que 4,5 millions d’adultes souffrent d’une maladie chronique du foie.

Les résultats de l’étude de Lihe Liu montrent que les personnes consommant régulièrement des boissons contenant des édulcorants artificiels présentent un risque accru de 60 % de recevoir un diagnostic de MASLD, par rapport à celles qui n’en consomment pas. La consommation fréquente de boissons gazeuses sucrées augmente quant à elle cette probabilité de 50 %. L’analyse, selon Reuters, a été ajustée pour tenir compte de facteurs tels que l’âge, le sexe, le poids et les antécédents médicaux, afin d’éliminer tout biais potentiel.

Selon l’UEG, ce risque est détectable même avec la consommation d’une seule canette de soda, qu’elle soit diététique ou non, par jour. Le risque de complications et de décès liés à des problèmes hépatiques augmente proportionnellement à la durée et à l’importance de l’exposition.

Le rapport de l’UEG précise que les boissons sucrées provoquent des pics de glucose et d’insuline, contribuent à la prise de poids et augmentent le taux d’acide urique, autant de facteurs favorisant l’accumulation de graisse dans le foie. En ce qui concerne les édulcorants artificiels, le risque réside dans leur capacité à modifier le microbiome intestinal, à influencer la sensation de satiété et, selon certaines recherches, à induire des réponses insuliniques même en l’absence d’apport calorique.

Des témoignages recueillis par l’UEG mettent en garde sur le fait que « les boissons diététiques peuvent modifier la flore intestinale et la perception de la faim, voire induire des réponses hormonales ».

Les données du marché américain soulignent l’ampleur potentielle du problème. Selon les chiffres d’Euromonitor cités par Notigramme, la consommation par habitant de boissons gazeuses aux États-Unis s’élève à 118 litres par personne et par an en 2024, pour un volume national total de 86 milliards de litres, dont 70 % correspondent aux boissons gazeuses traditionnelles, selon les projections de Market Growth Reports.

Le profil du consommateur américain révèle également une tendance vers des options plus saines : les variantes sans sucre ont augmenté leur part de marché de 19,2 % en 2024. Les millennials constituent le segment le plus actif, avec 22 % d’entre eux déclarant être des consommateurs réguliers en avril 2024, contre 13 % pour la moyenne nationale, selon Barinopia.

Ces chiffres confirment la position des États-Unis comme l’un des principaux marchés mondiaux de boissons gazeuses, soulignant l’importance des conclusions de l’étude européenne pour le contexte américain.

L’étude de l’UEG a démontré que le remplacement quotidien d’une canette de boisson sucrée par de l’eau réduisait le risque de développer une MASLD de 12 % à 15 %. L’organisation souligne que « l’eau prévient la charge métabolique et aide à réduire l’accumulation de graisse dans le foie ». Cette étude remet en question les recommandations antérieures qui préconisaient uniquement de remplacer les boissons gazeuses sucrées par leurs versions diététiques.

L’UEG a diffusé ces résultats lors de son congrès principal. La Société européenne pour l’étude du foie (EASL) et l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) ont exprimé leur intérêt pour l’examen des effets des édulcorants artificiels, selon les médias spécialisés et Reuters. Ces entités devraient contribuer à l’élaboration de nouveaux cadres réglementaires et de recommandations pour les consommateurs.

Les spécialistes cités par l’UEG suggèrent d’augmenter la consommation d’eau dans tous les groupes d’âge et de réduire la présence de boissons gazeuses dans les environnements scolaires, professionnels et familiaux. La prise en compte de ces recommandations dans les futures politiques publiques pourrait accélérer la transition vers des alternatives plus saines.

Les données issues du Royaume-Uni et l’ampleur de la consommation aux États-Unis et dans d’autres pays indiquent que l’examen des habitudes de consommation de sodas, qu’ils soient diététiques ou non, pourrait avoir un impact direct sur la santé du foie à l’échelle de la population. Ces résultats ouvrent la voie à des études complémentaires sur les effets des édulcorants artificiels, dans le cadre de la recherche de bonnes pratiques pour la prévention des maladies métaboliques.

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