Un rapport médico-légal remis au parquet de Bologne indique que la position ventrale imposée par deux policiers lors de l’interpellation d’Abderrahim Fakir, le 19 juillet, a contribué à son décès par insuffisance respiratoire. Des enregistrements de caméra-piéton diffusés le 28 octobre 2026 révèlent des propos tenus par les agents pendant l’intervention.
Des propos de policiers captés par la caméra-piéton
La diffusion par l’agence de presse Ansa de séquences audios et vidéos issues d’une caméra-piéton a provoqué un émoi considérable. Les enregistrements révèlent les échanges entre les deux fonctionnaires.
Ils datent de l’intervention menée le 19 juillet dans le quartier du Pilastro à Bologne, au cours de laquelle Abderrahim Fakir, un ressortissant marocain de 42 ans, a perdu la vie.
Je veux présenter mes excuses à la famille d’Abderrahim Fakir et à mon corps pour les commentaires inacceptables que j’ai prononcés.

Un rapport d’experts sur les causes du décès
La conclusion des experts mandatés par le parquet de Bologne a été signée par les professeurs Valentina Bugelli, Cristina Basso, Manuela Bonizzoli et Luca Morini d’après Sky TG24. Elle établit que le maintien de l’homme à plat ventre a joué un rôle de concause dans la mort.
Abderrahim Fakir est resté immobilisé dans cette position pendant six minutes et vingt-sept secondes, avec un agent sur le dos et les membres supérieurs entravés. Les experts relèvent que cette posture a réduit la réserve ventilatoire du sujet, dont l’organisme était déjà fragilisé.
Le rapport médico-légal attribue le décès à une insuffisance respiratoire aiguë chez une personne souffrant d’une intoxication aiguë à la cocaïne et d’une pathologie cardiaque sévère.
L’agitation psychomotrice et l’hyperthermie liées à la consommation de stupéfiants ont également contribué à ce tableau hypoxique.
Par ailleurs, l’examen a mis en évidence de nombreuses contusions sur le corps de la victime, provoquées en partie avant l’arrivée des forces de l’ordre et en partie lors des manœuvres de contention.
Les experts ont toutefois indiqué que ces traumatismes n’avaient joué aucun rôle direct dans le décès.
Une plainte déposée par la famille
À la suite de la publication de la perexpertise et des enregistrements sonores, l’avocat de la famille, Fabio Anselmo, a déposé une nouvelle plainte auprès du parquet de Bologne. Il demande à ce que des qualifications pénales plus graves que l’homicide involontaire soient retenues contre les mis en cause.
Six personnes font actuellement l’objet d’une inscription au registre des investigations préliminaires : les deux policiers intervenus sur place ainsi que quatre volontaires de la Croix-Rouge.
Les experts de l’accusation ont pointé des défaillances dans la prise en charge médicale. Ils relèvent que les secouristes n’ont pas appliqué rigoureusement les protocoles d’urgence, bien qu’ils estiment qu’une intervention immédiate et parfaite n’aurait laissé qu’une chance de survie d’environ 15 %.
Ce dossier rappelle l’affaire Riccardo Magherini, survenue à Florence en 2014, dans laquelle l’Italie avait été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme.
La famille d’Abderrahim Fakir réclame quant à elle le rapatriement de la dépouille au Maroc.