La commission des Finances de l’Assemblée nationale du Sénégal se réunit ce vendredi 30 octobre 2026 pour examiner le projet de loi de finances rectificative. Ce renvoi de texte, demandé par le gouvernement, cherche à désamorcer un bras de fer parlementaire autour des choix budgétaires et du déficit.
L’Assemblée nationale du Sénégal a officiellement renvoyé le projet de loi de finances rectificative en commission des finances et du contrôle budgétaire. Cette décision, actée le mardi 27 octobre 2026 en séance plénière, répond à une demande directe formulée par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, qui s’est appuyé sur l’article 84 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale pour solliciter des discussions complémentaires.
Le texte budgétaire révisé faisait face à des critiques acerbes de la part des députés des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef), majoritaires au Parlement. Ces derniers dénonçaient des arbitrages défavorables aux investissements sociaux et pointaient des incohérences dans la répartition des dépenses publiques.
Les tensions budgétaires et la trajectoire de la dette
Face à la contestation de la majorité parlementaire, le gouvernement a dû justifier l’urgence de rectifier le budget pour l’année en cours. Les comptes publics font face à un manque à gagner de 340 milliards de FCFA sur les recettes attendues, couplé à une hausse de 540 milliards de FCFA de dépenses incompressibles, portées principalement par les subventions à l’énergie et les besoins des forces de défense et de sécurité.
Dans un entretien accordé à France 24 depuis Dakar, il a insisté sur la viabilité des finances publiques : Il faut traiter la dette du Sénégal.
Il faut à nouveau la rendre viable en discutant avec aussi bien nos créditaires officiels que nos créditaires privés
, a-t-il affirmé.
La stratégie du dialogue institutionnel face au Pastef
Le report de l’examen du texte marque une volonté évidente d’éviter une crise institutionnelle ouverte entre l’exécutif et la majorité législative. Le groupe parlementaire Pastef, bien que critique, a ouvert la voie à des discussions tout en réclamant des concessions précises. Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a pris acte de la demande gouvernementale avant de convoquer la Conférence des présidents pour redéfinir un calendrier de travail.

De son côté, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan a plaidé pour un dialogue constructif. Le gouvernement ne vient pas opposer des positions, ni installer des institutions dans une logique de confrontation. Il vient encourager une voie de dialogue permettant d’approfondir les échanges et de rapprocher les positions
, a déclaré Cheikh Diba devant les députés.
La convocation de la commission des finances
La réunion de la commission des instances budgétaires se tient ce vendredi 30 octobre 2026 à partir de 15 heures. Sous la conduite de son président, Alphonse Mané Sambou, les parlementaires membres se réunissent dans la salle Marie-Joséphine Diallo, située dans le nouveau bâtiment de l’institution.
À l’ordre du jour de cette session unique figure l’examen approfondi du projet de loi n° 40/2026 portant loi de finances rectificative, dont les arbitrages conditionnent également les négociations en cours avec le Fonds monétaire international pour son nouveau programme d’aide de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois.